Mi ange Mi démon

Mi ange mi démon / AnorexieJe n’ai pas toujours été comme ça…

C’est elle qui m’a changé.

Elle s’est infiltrée en moi sans mon consentement… Devenant cette petite voix tordue qui ne me laisse pas ou peu de répit.

Grillant mes neurones les uns après les autres, à tel point que bien souvent  je ne sais plus ce que je fais. Me voici face au frigo sans savoir ce que j’y cherche. Je commence une phrase qui n’aura jamais de fin car j’ai déjà oublié ce que je voulais dire. Je n’arrive plus à me concentrer sur quoique ce soit.

M’obligeant à agir d’une façon qui ne me convient pas. À me dépenser toujours plus, même lorsque je suis à bout. À céder à des pulsions.

Car oui… C’est ça l’anorexie mentale. Un insecte vicieux qui se faufile par une oreille jusqu’à ton cerveau, pour ensuite te contraindre à obéir à des pulsions perverses et dangereuses.

Ce n’est pas par plaisir que je m’active toute la journée, jusqu’à en pleurer de douleur.

Ce n’est pas par caprice que je reste figée devant mon assiette sans pouvoir la terminer. Ou que je tremble rien qu’en  tenant certains aliments que j’aimerai réintroduire. Que je redoute de sortir manger au restaurant ou même chez des amis.

C’est à cause d’elle. De lui.

De ce démon qui me souffle des pensées stupides donnant lieu à un comportement anormal. Qui me transforme autant physiquement que mentalement.

Qui me fait dire désormais  » Je ne suis pas normale« …

Pourtant, la voix de la raison est bien là. Mon ptit ange perché sur mon épaule s’accroche. Il lutte contre Ana. Il me fait signe quand je me trompe, quand je bascule du mauvais côté.

J’arrive encore de temps en temps à faire la part des choses. Je me rends bien compte que manger 20g de pâtes ce n’est rien comparé aux grosses assiettes que je pouvais ingurgiter avant. Que si j’ai encore faim alors que le reste de la famille est calée et n’a pas besoin de se resservir, c’est tout simplement parce que nous n’avons absolument pas mangé la même chose ( une salade ne valant pas grand chose face à un tas de frites ou de riz).

Je le sais tout ça.

Mais ce démon m’abrutit en me répétant que j’ai tort. Que c’est mal. Que je n’ai pas l’autorisation de goûter à ce morceau de pain qui sent si bon. Ni même de regarder cette crème dessert qui me fait tant envie.

Et bien souvent, voir même tout le temps, mon ange gardien perd la partie contre ce démon qui ne lâche rien.

Mon poids du coup continue à diminuer comme pour devenir aussi léger qu’une plume, pour pouvoir s’envoler loin de moi… Loin de ce corps qui ne ressemble plus à grand chose… Ce corps que je cache car il me fait honte…

Il est si simple de penser qu’il me suffirait de décider de manger pour que tout rentre dans l’ordre. C’est vrai quoi… Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt… Suis-je si bête pour ne pas avoir trouvé la solution toute seule…

Allez…

Aujourd’hui c’est décidé, j’arrête mon caprice et je mange tout ce qui me tombe sous la main… Chocapics, kinders, raclette, pizza, chips, pain…. Rien de bien compliqué… Il suffit que j’avale tout ça pour aller mieux…

A moins qu’en y réfléchissant un peu plus, qu’en regardant de plus près mon démon, on ne comprenne qu’une maladie est tapie dans l’ombre. Que ce comportement qui n’a rien de normal n’est pas un petit jeu qui m’amuse, mais bien une contrainte que je subis et qui me gâche la vie, m’obligeant à me faire soigner.

Une maladie qui ne touche pas qu’à mon alimentation mais aussi à mon corps qui s’efface, à mes os qui souffrent, à mes cheveux qui tombent par poignées…

J’ai de plus en plus de cernes à force de dormir de moins en moins… J’ai des hématomes à chaque légère bousculade dans un rayon de supermarché, ou rien qu’en laissant mes genoux se coller l’un à l’autre lorsque  je serre les jambes…

Je finis en larmes rien quand regardant des prospectus de pub, bavant devant toutes ces merveilles qui me sont refusées.

Mais aussi parce que j’ai mal, si mal d’avoir autant bougé dans ma journée. Parfois, de plus en plus, il m’arrive d’être quasiment incapable de faire un pas de plus. Mes chaussures ont l’air d’être en plomb et mes chevilles ne parviennent plus à les soulever. Sans parler de mon sac à main qui d’un coup semble contenir toute une bibliothèque.

Mais hors de question de laisser tomber. Hors de question de me reposer. Ana, ce démon cruel, n’en a pas fini avec moi. Il ne me lâchera qu’une fois qu’il aura totalement gagné… Qu’il aura eu ma peau…

Du coup je tente de me battre…  De survivre…

 

Ana, ma coloc qui me pourrit la vie

Ana, ma coloc qui me pourrit la vie

 

2 ans maintenant que j’ai franchi le seuil de la salle de sport…

2 ans que je me suis décidée à perdre du poids…

2 ans que j’ai appris à rééquilibrer mon alimentation…

Je les ai bien dégommés ces foutus kilos en trop. Je l’ai affinée cette silhouette qui me faisait tellement complexer. Je les ai détruites ces poignées d’amour disgracieuses. Et que dire de mes cuisses?! Ces deux jambonneaux qui dès que je marchais, se touchaient au point de m’obliger à porter un legging court sous mes robes, en plein été, pour éviter les irritations.

Je suis fière d’être parvenue à ça. Fière de ne pas avoir abandonné, de ne pas avoir claqué la porte de la salle de sport dès le lendemain de mon inscription. Fière d’avoir réussi à introduire un grand nombre de légumes dans ma cuisine, qui avant n’y mettaient jamais les pieds ou rarement.

 

Seulement comme on dit, il y a le retour de la médaille….

 

Et pour moi il s’agit d’Ana…

Cette saleté de coloc s’est incrustée chez moi sans permission, empoisonnant mon quotidien tout doucement, discrètement. Certaines personnes ont essayé de me mettre en garde, mais moi, je ne la voyais pas. Ou du moins, je ne réalisais pas son petit stratagème.

J’étais heureuse de voir qu’avec elle je parvenais à devenir amie avec Mrs Balance, mon ennemi depuis tant d’années.

Tellement contente de faire du shopping à ses côtés.

Malheureusement, il a bien fallu que je me rende à l’évidence, Ana n’avait qu’une idée en tête, s’infiltrer une bonne fois pour toute dans la mienne pour me diriger et faire de ma vie un enfer.

Sous ses airs de bonne copine se cache en réalité un démon, qui fait des tas de victimes et cause bien des horreurs.

 

Pour preuve, le témoignage << Jamais assez maigre >> de Victoire Maçon Dauxerre, une ex mannequin, qui a décidé de mettre fin à sa carrière après avoir dû s’affamer pour être au << top >> sous les projecteurs, et avoir frôlé la mort.

 

Je suis tombée totalement par hasard sur ce bouquin, qui rien que par sa couverture m’a de suite interpellé.

On y voit une photo d’une jeune femme ( l’auteure ) vêtue de blanc, le regard froid – sans expression, limite sans vie – les joues creusées, le teint pale et les os apparents, qui fait largement écho au titre.

Il ne m’aura fallu que quelques heures pour dévorer ce livre, dans lequel je me suis à de nombreuses fois retrouvée.

Toutes ces fois où elle avait faim, mais qu’elle se contentait du stricte minimum, rusant en avalant du chewing-gum ou du soda pour combler le creux de son estomac. Ces moments où elle n’arrivaient plus à suivre et à marcher à un rythme correct, ralentissant sa famille pendant les balades. Son corps si douloureux. Son humeur qui ressemblait à des montagnes russes. Ses cheveux qu’elle perdait. Sa poitrine qui avait décidé de se faire la malle.

Tout ça je le vis….

Ana est un être atroce qui ne veut qu’une chose, m’empêcher d’être << normale >> et passe son temps à me souffler de sa petite voix des pensées négatives.

Elle ne me laisse pas manger comme il le faudrait… << Pas ça! C’est bien trop gras!>>, << Une seule bouchée de ça et tu vas gonfler illico! >>, << Touche à ça et tu vas le regretter! >>

 

Elle me force à me dépenser sans arrêt, même lorsque mon corps la supplie de mettre un terme à tout ça… << Allez la grosse! Bouge toi! >>, << 15 000 pas aujourd’hui?! C’est tout?! Mais c’est minable ! >>

Elle m’anesthésie le cerveau pour que je ne puisse plus me concentrer et gèle ma mémoire.

Elle ne me laisse plus dormir ou alors juste 4 ou 5h par nuit, histoire de me faire croire qu’elle est sympa.

Elle détruit les muscles que j’étais parvenue à me construire, ruinant ainsi l’agréable image de moi même qui me plaisait tant il y a encore quelques mois.

Maintenant, je ne suis plus qu’une jeune femme fatiguée, comme l’était Victoire, qui tente de se battre comme elle le peut pour virer cette pétasse de coloc.

Ana a fait de moi quelqu’un de fragile, avec une colonne vertébrale aussi voyante que les plaques osseuses d’un stégosaure, des cernes sous les yeux et des cheveux qui tombent par poignées.

A cause d’elle le moindre contact un peu brusque, le plus petit coup de coude ou choc, me donne un hématome qui mettra des jours à disparaître.

Parfois elle me laisse tranquille et je sens mon moral remonter en flèche, mais ce n’est que pour bien me blesser ensuite, en me plongeant en moins d’une minute dans un univers sombre, triste, où tous mes progrès, toutes mes petites victoires sont anéantis, m’enlevant le gout de tout.

 

Mais ce n’est pas grave. Car malgré tout ça, Ana ne m’a pas encore assez affaibli pour que je renonce. Je me bats et comme Victoire, je ne lâcherai pas et je me relèverai la tête haute. Avec des séquelles certes, mais la tête haute tout de même.

Et si toi aussi, ma p’tite cacahuète grillée, tu connais Ana, je ne peux que te conseiller de lire Jamais assez maigre.

Je suis prête à parier que toi aussi, tu te reconnaîtras au travers de ce récit. Toi aussi tu seras chamboulée, émue, touchée, au point de verser quelques larmes, voir de beaux sanglots.

Toi aussi, tu détesteras ceux qui lui ont fait subir tout ça en lui faisant croire qu’Ana était son amie, allant jusqu’à l’applaudir quand ils voyaient qu’elles arrivaient bras dessus bras dessous.

Et finalement, toi aussi tu auras envie de hurler contre cette société qui fait croire aux femmes que la maigreur est une normalité, les obligeant à se faire du mal pour rentrer dans un moule inconcevable.

Pour finir, tu auras surement, tout comme moi, une haine contre ces << grands couturiers >> qui considèrent qu’un top model n’est qu’un cintre…

 

Ma coloc…

Cette chanson qui passe en boucle dans ma tête….

Cette chanson qui me fait penser à ma coloc….

Je ne peux plus m’en passer…

Les paroles me libèrent…. Me permettent de mettre des mots sur cette peine qui vient et repart sans arrêt…

J’ai l’impression qu’elle a été écrite pour moi… Pour m’aider à avancer dans cette période difficile de ma vie… Pour me forcer à me battre…. A ne rien lâcher…. Et à mettre à la porte ma fichue coloc….

Pourtant je sais bien que cette chanson ne parle pas de cette petite peste au départ.

Mais moi je l’interprète comme ça….

Cette douleur qui reste…  Qui ne me quitte pas …. Même lorsque je pense que c’est terminé, qu’elle s’est calmée…. Alors qu’au final elle me relance à nouveau et s’incruste encore une fois dans mon esprit….

Je souffre en silence….

Je ne veux pas en parler à n’importe qui… Rares sont les personnes au courant…. Encore plus rares celles qui me soutiennent….

Je suis seule dans ce combat…. Seule à pouvoir me sortir de là…. Mais moi je sais que j’aurai sa peau….

Je veux gagner…. Même si j’ai peur de lui laisser la peau sur les os….

Je veux gagner….

Ma coloc arrive de temps en temps à me faire perdre la tête… J’en oublie mes mots…. Parfois je perds patience…. Je m’énerve…. Je n’arrive plus à communiquer, ni à savoir ce que je fais ou ce que je voulais faire…. Et à ce moment là je hais d’être dans cette peau….

Elle me joue des tours…. Me faisant croire qu’elle a disparue, qu’elle a fini par bouger…. Emportant avec elle ces pensées malsaines qui m’obligent à tout contrôler….

Pour en réalité revenir me voir quelques temps après, à la nuit tombée….

Où que j’aille, elle est là….

Le jour, comme la nuit…

Elle me fatigue…. Me fait mal…. M’empêche parfois d’avancer tant mes pieds me semblent lourds…

Cette douleur…. Cette rancœur…. J’essaye de l’apprivoiser…

Mais j’ai toujours cette peur, qui attend son heure…. Cette crainte de rechuter…. De ne pas être assez forte pour détruire ma coloc….

Mais je garde l’espoir et je lui dis << Oh va te jeter ! >>…

L’enfer des calories

L'enfer des calories - Anorexie / boulimie

Aujourd’hui, un article que je veux faire depuis un bon moment, car il peut, je pense, être bien utile pour certain(e)s.

Si tu me suis régulièrement, tu dois déjà savoir comment j’ai réussi à perdre plus d’une vingtaine de kilos.

A moins que tu ne sois un p’tit nouveau ici….

Dans ce cas, je te résume vite fait tout ça.

Fin juin, début juillet 2015, j’ai eu le déclic et ai décidé de me reprendre en main. Je ne supportais plus de voir cette méchante bouée accrochée à mon ventre, ni mes cuisses que j’avais du mal à passer dans les pantalons. J’en avais assez de devoir sans arrêt rentrer mon bide, et de me sentir obligée de me cacher sous un paréo ou une serviette à la plage. J’avais tellement honte de mon corps, que je n’osais même plus aller me baigner avec mes gremlins. Faire quelques pas pour rejoindre la mer, aux yeux de tous, m’était totalement impossible.

Dommage quand on vit dans le Sud….

J’étais aussi mal à l’aise vis à vis de mon Homme.

Qu’il me voit comme ça me faisait de la peine et parfois il m’arrivait de me demander comment il pouvait m’aimer avec tous ces défauts qui me complexaient.

Bon là…. Je pense que ce genre d’inquiétudes sont fréquentes pour beaucoup de monde…. Et que lorsque l’on est mal dans sa peau, on ne se rend même plus compte que le poids sur une balance est loin d’être un obstacle à l’Amour…

Mais voilà, moi, je voulais dégager cette fichue graisse, collée à mes bask’ depuis bien trop longtemps.

Alors je me suis enfin bougée et je me suis inscrite dans une salle de sport ( plus d’infos sur cette étape de ma vie, ici ).

J’y suis allée plusieurs fois par semaine pendant environ 4 mois, puis l’hiver et les fêtes s’incrustant, cela est passé au second plan.

Mais ayant en parallèle rééquilibré mon alimentation, j’ai vu les kilos descendre rapidement sur la balance.

Tu t’imagines bien que j’étais ravie…

Les fêtes sont passées, sans reprise de poids, avec d’ailleurs plutôt une période de stagnation.

Ne pouvant plus combiner ma vie de maman avec la salle de sport, j’ai décidé de faire des séances à la maison avec le programme Top Body Challenge.

J’ai enchaîné le 1 puis le 2, heureuse de voir que non seulement mon poids continuait à baisser, mais qu’en plus mon corps changeait et se musclait.

A ce moment là, via mon compte Instagram, beaucoup de personne m’ont contacté pour savoir combien de calories je mangeais par jour.

Chose à laquelle je répondais que je ne savais pas.

Et pour cause, je ne m’étais jamais penchée sur la question…

Je me préparais des repas sains et équilibrés, mais sans faire gaffe aux calories qu’ils allaient m’apporter. Le seul point niveau calories sur lequel je faisais attention, c’était pour les yaourts ou desserts du commerce. Même si de toute façon, je n’en consommais déjà presque plus.

Du coup, à force de voir cette question réapparaître fréquemment dans mes MP, j’ai fini par me la poser aussi.

Cet été, j’ai donc commencé à m’y intéresser, partant du principe que j’allais calculer pendant 1 mois les calories que j’ingurgitais, pour les comparer avec celles que d’après ma Fitbit je dépensais.

 

J’ai pas mal galéré au départ, ne sachant pas vraiment combien tel ou tel aliment pouvait valoir en kcal, mais de fil en aiguille, je me suis créée un ptit carnet avec les valeurs énergétiques pour m’y retrouver.

Je me suis aperçue que je mangeais en moyenne autour des 1600 kcal par jour et que ( toujours d’après ma montre ), j’en dépensais plus de 2100.

Un beau matin, j’ai décidé qu’il était temps pour moi de passer en phase de sèche et me suis retrouvée à ne consommer plus que 1200 kcal environ sur une journée ( tout en continuant à faire autant voir plus de sport qu’avant ).

Mon ventre devenait hyper plat et la balance n’avait jamais été aussi cool avec moi…. J’étais donc aux anges.

Seulement tout doucement, << l’enfer >> des calories a commencé à taper l’incruste dans ma tête, ne voulant pas malgré les remarques de mes proches, disparaître….

Le Chéri a dû se faire hospitaliser…. Je n’avais plus vraiment de temps pour prendre soin de moi… Courant entre le boulot, le sport, les nains, l’école, les courses et les allez – retours vers l’hosto sans véhicule….

Je préparais des repas, cookies et autres gâteaux pour l’Homme qui n’aimait pas ce qu’on lui servait à l’hôpital…. Je cuisinais des plats sympa et transportables pour que les enfants puissent manger là-bas avec leur père….

Et le temps ensuite de reprendre le bus ou le tram pour rentrer, de doucher ma tribu, de préparer leurs affaires pour le lendemain et de les coucher, je ne me sentais pas de me faire grand chose.

De même le matin ou à midi, puisque je gérais Crevette, la maison et tout ce qui va avec….

Alors petit à petit, j’ai fini par me sous-alimenter….

Non, mon ptit koala, je n’emploie pas ces mots à la légère….

Car même lorsque le Chéri est revenu à la maison, ayant pris l’habitude de ne manger que de très petites quantités ou juste des aliments très pauvres en calories, j’ai continué à sombrer dans cet enfer….

Résultat, alors que je ne devais vérifier mes calories que durant 1 mois, en octobre j’étais de plus en plus obsédée par ça.

Et sur une journée entière, je n’en mangeais plus que 500 à 600….

Bien entendu, je trouvais mon ventre au top et mon poids n’avait jamais été aussi bas….

Mais j’étais tout le temps épuisée. Non seulement parce qu’avec les journées de malade que j’avais passée lors de l’hospitalisation de l’Homme, je n’avais pas vraiment eu le temps de dormir ( je m’y suis tellement habituée que je n’arrive plus à dormir plus de 4 à 5h…. ou alors très rarement ). Mais aussi parce que mon corps ne parvenait plus à suivre.

Faire le moindre pas devenait compliqué… Je sentais que mes jambes ne me tenaient plus….

Porter Crevette ou des sacs de courses, était une torture….

Sans parler des moments où je n’arrivais même plus à me concentrer et où je devenais agressive sans le vouloir.

Il a fallu attendre fin octobre, pour que j’ouvre un peu les yeux et que je comprenne que je rentrais dans l’anorexie ( avec des phases de boulimie, où sous le prétexte de faire une cheat meal, je me gavais à outrance dans les restos à volonté ).

Un samedi matin, sur le point de me doucher, j’ai aperçu mon reflet dans le miroir. Reflet que je voyais sans réellement le voir, tous les jours.

J’ai remarqué que l’on voyait de plus en plus mes côtes…. Que mes cuisses étaient trop fines…. Que j’étais cernée….

Et je me suis effondrée….

J’ai dit à l’Homme qu’il fallait que j’arrête toutes ces bêtises de calories… Que j’en avais assez d’avoir faim ( car c’était le cas…. je lutais sans arrêt contre la faim…. mâchant des tonnes de chewing-gum pour distraire mon cerveau… )… Que je voyais bien que je me détruisais….

Mais que j’avais peur….

Peur de ne pas y arriver…. Peur de reprendre du poids et de grossir….

J’ai rangé en haut d’un placard, bien loin de moi, le cahier qui depuis des mois squattait mon plan de travail, attendant que j’y note tout ce que je mangeais….

Et j’ai pris la décision que si je ne parvenais pas toute seule à remonter la pente, j’irais voir mon médecin pour qu’il m’aide.

Le soir même, je commençais à réintroduire doucement plus d’aliments dans mon repas. Ok ce n’était encore qu’une salade ( j’adore tellement les crudités ), mais j’y avais ajouté des noix, du fromage, de la crème, etc…. Toutes ces petites choses qui me faisaient envie dès que l’Homme en prenait, mais que je m’empêchais de manger.

Le lendemain matin, l’objectif était que je fasse un ptit déjeuner normal, avec quelque chose qui me ferait plaisir. Truc de ouf : un bon morceau de baguette avec du beurre ! Ouais…. J’en étais là…. A rêver de pain et de beurre….

Nous sommes donc allés à la boulangerie.

Une jeune femme me sert ma baguette et me propose une offre sur des pains au chocolat.

Le drame….

J’ai dû retenir mes larmes et quitter rapidement l’enseigne.

Mon corps avait envie de ces pains, mais mon cerveau me l’interdisait.

Une fois à la maison, j’ai eu énormément de mal à avaler ma tartine. J’avais peur de cette nourriture…. Vraiment peur…. A la limite de l’écœurement….

Je voyais le reste de la tribu manger des croissants, des chaussons aux pommes….. J’en bavais d’envie, sans pour autant être capable d’approcher de ces aliments.

Il m’a fallu un moment pour dépasser tout ça….

Pour réintroduire des ingrédients que j’évitais ou que je ne consommais qu’en mini ration….

Pour arrêter de n’avaler que des plats dont je maîtrisais le cota des calories ( tu as dû d’ailleurs remarquer qu’à cette période là, je les notais dans mes recettes )….

Mais j’ai réussi à dépasser tout ça….

Plus d’une fois en voyant mon poids monter un peu, j’ai eu peur de retomber dans cette saleté de phase.

Mais non….

J’ai diminué mes doses de sport. Je mange à ma faim, sans me prendre la tête à compter quoique ce soit.

Je garde une alimentation saine, mais je n’ai plus peur de manger un bout de pain ou une viennoiserie. De me refaire des bowlcakes, des pancakes ou des tranches de bacon….

Et finalement, j’ai repris un peu de poids et me suis stabilisée.

Je ne suis plus épuisée au bout de quelques marches de montées. Je n’ai plus toutes ces migraines et ces instants où aligner trois mots étaient si difficile….

Je ne ressens plus le besoin de faire de méga cheat meal pour me gaver ( même si j’avoue appréhender un peu le jour où je retournerais me faire un resto à volonté…. j’espère réussir à me contrôler…. ).

Je vais mieux…

Tout ça pour te dire, ma ptite licorne, que tomber dans le piège des calories et être à deux doigts de se flinguer la santé, c’est extrêmement rapide….

Alors oui, il faut veiller à ne pas manger n’importe quoi…. Mais en restant raisonnable. Ne pas s’interdire des aliments. Juste les consommer avec modération….

Wonder cookies

Sur ce, je te laisse pour aller déguster avec ma famille, des cookies qui sortent tout juste du four ^^

Quand je serai grande, je serai un dalmatien…

Il y a encore peu de temps, j’abritais un petit Pac-Man.

Tu sais, ce personnage de jeux vidéos, qui fait penser à un fromage jaune, dont on aurait piqué une part.

Il me suivait partout…. De jour comme de nuit….

Il était devenu mon ami et grandissait à mes côtés.

Puis doucement, ce p’tit coquin mangeur de fantôme, a décidé de me quitter pour aller rêver ailleurs, laissant place à un joli nuage.

Pas d’adieu… Rien…. Pas même un regard en arrière…

Même pas un mini mot pour les nains, qui s’étaient habitués à le voir tous les jours.

<< Maman! Il n’est plus là Pac-Man. >> , m’a dit Mlle Princesse il y a quelques jours.

Bah ouais…

Désormais, j’apprends à vivre avec la tête dans les nuages, ou plus précisément avec MON nuage.

Il n’est pas beaucoup plus grand que mon vieux copain jaune, mais il prend quand même un peu plus de place.

Au fil du temps il prend ses aises, bien cramponné à main et devient de moins en moins timide quand le soleil arrive et colore un peu ma peau.

Alors pour éviter qu’il ne se montre trop et ne cherche à attirer le regard, je me cache un peu lorsque le ciel est bien bleu.

Moi, qui viens du Sud et qui ai dû le quitter, maintenant que j’ai réussi à redescendre en Provence, je dois éviter de trop m’exposer au soleil. C’est le comble pour quelqu’un comme moi, qui ne rêve que de chaleur et bronzage….

Pas de farniente sur la plage sans une bonne couche de crème solaire et au mieux un vêtement léger….

Car discrètement, mon p’tit nuage invite des potes à venir s’incruster sur ma peau. Et comme lui, au départ ils sont claires et ne se montrent pas trop, mais lorsqu’ils croisent le soleil, eux qui sont si sensibles à sa lumière, changent de couleur et brûlent.

Heureusement pour moi, mon nuage et ses amis sont encore jeunes et ne grandissent pas trop vite. Ce qui n’est pas le cas pour toutes les << victimes >> de ce petit groupe cotonneux, qui se planque sous l’étrange nom de VITILIGO .

Alors je fais avec….

Je suis une bicolore, qui espère que ses gremlins ne croiseront jamais la route d’un p’tit Pac-Man ou d’un mignon nuage…

 Je vis avec cette idée qu’un jour j’aurai surement des taches partout….

Que je deviendrai un dalmatien….

Image by Jrynkows ( deviantart )