Plaisir retrouvé à la Pâtisserie Martichon

Plaisir retrouvé à la Pâtisserie Martichon

Une victoire ! Et quelle victoire ! Celle que je ne pensais pas être capable d’obtenir. Celle dont j’avais plus que besoin en ce moment. Celle qui m’a apporté un beau rayon de soleil dans l’obscurité qui m’entoure à nouveau depuis quelques temps.


Te souviens tu, ami lecteur, de cet instant où j’ai pris conscience de ma maladie ? De cette anorexie et de sa copine l’orthorexie, qui me suivaient à la trace. Ça remonte déjà à plusieurs années. Et pourtant ça reste gravé dans ma tête.


Il m’aura fallu 2 éléments déclencheurs pour que je réalise l’état dans lequel j’étais. Sortir de la douche et apercevoir ma colonne vertébrale bien trop voyante dans le miroir ( ma colonne de dinosaure comme je la surnommais) et être en pleine panique dans une boulangerie.


Ma colonne est désormais un complexe pour moi, que je cache et qui m’empêche d’accepter l’idée de me mettre en maillot de bain à la plage, alors que je vis en bord de mer. Mais ayant repris un peu de poids depuis ce moment devant le miroir, ça devrait finir par aller mieux. 


Par contre, je dois avouer que l’état dans lequel une simple boulangerie / pâtisserie peut me mettre, est un véritable calvaire.
Entrer dans une de ces enseignes n’est franchement pas évident. Moi qui ai toujours adoré le pain et pouvais avaler une baguette entière lorsqu’elle était encore toute chaude à la sortie du four, j’ai eu une période très difficile où rien qu’en y pensant je finissais en sueur, les poils dressés sur les bras version chaire de poule.


Je me souviens de cette journée, il y a environ trois ans, lorsque je m’étais laissée convaincre de partager un petit-déjeuner basique avec la tribu. Paralysée par la peur de ces aliments “ interdits“, j’étais incapable de choisir ce qui pouvais me faire envie et je n’arrivais même pas à articuler deux mots pour demander quoique ce soit à la boulangère. J’avais fini par prendre mes jambes à mon cou et j’avais fondu en larmes de honte, de regrets et de désespoir.


Maintenant j’arrive à mettre les pieds là-bas, mais seulement pour acheter des gourmandises au reste de la famille. Jamais rien pour moi. Impossible. Je bloque face à tant de féculents, de matières grasses et de sucre. 
Je regarde avec un pincement au cœur tous ces plaisirs que je me refuse. Je me surprends à humer l’air pour ” me remplir” virtuellement de ces pains au chocolat et ces croissants. Je tente de me rappeler ces jours heureux où je croquais dans une tartelette sans me soucier de quoique ce soit. Mais je ne me prends rien. 

Plaisir retrouvé à la Pâtisserie Martichon


La musique m’aidant à extérioriser et à évacuer mes émotions, sans que je ne sache vraiment pourquoi, j’ai assimilé les paroles de la chanson Ma Douleur, de Christophe Maé ( cf à cet ancien article ), à cette oppression qui est en moi. À ce mal-être qui me poursuit. Quand je me sens au plus bas, elle m’aide à faire ressortir ce qui me ronge et me permet parfois de faire comprendre ce que je ressens à mes proches.


Parallèlement, d’autres de ses chansons me boostent et me mettent en joie, tout en me faisant voyager. D’ailleurs les Gremlins en connaissant beaucoup par cœur, on a pris l’habitude de les chanter à tue-tête dans la voiture. 


Alors lorsque l’année dernière, j’ai découvert dans un article de presse, que le chanteur avait un frère boulanger / pâtissier, je me suis dit que ça pourrait être un sacré pied de nez à cette foutue anorexie. Surtout qu’en fouillant un peu sur le net, j’avais pu lire de très bons avis sur ses créations. Rien que les photos me mettaient l’eau à la bouche. 

Plaisir retrouvé à la Pâtisserie Martichon


Je me suis donc promis qu’un jour, j’irais découvrir la pâtisserie de Frédéric et Céline Martichon, et que je parviendrais à me faire plaisir. 
Il aura fallu du temps avant que je puisse mettre en place ce défi, mais ça y est, je l’ai fait ! 
C’était mon projet de ces vacances. 


Je dois tout de même avouer que ce n’est pas sans angoisse que j’ai pris la route hier matin, pour aller sur Saint Didier, où se situe la boutique ( anciennement à Carpentras ).
Je dois aussi reconnaître, que je me suis encore plus restreinte les jours précédents, de crainte sinon de flancher devant les pâtisseries. Ana est toujours tellement encrée en moi… 

Plaisir retrouvé à la Pâtisserie Martichon


Une fois sur place, j’étais remontée au taquet. Pas de chair de poule, pas de larmes commençant à me venir aux yeux. Une pointe de peur, oui… Mais j’ai géré du mieux que j’ai pu. Dans ma tête j’entendais en continu tous ces mecs de la salle de sport qui m’avaient dépeint les chaussons aux pommes et les mille-feuilles comme des aliments toxiques. Ces fausses coachs que j’avais suivi sur instagram, et qui m’avaient mené à compter les moindres calories que j’avalais, au point qu’au final je ne mangeais pas plus de 500kcal par jour. Mais je n’ai pas lâché. J’ai tenu bon.


J’ai dû encore passer pour une extraterrestre à ne pas pouvoir me décider rapidement. Mais j’ai fini par trouver de quoi assouvir cette faim qui me tenaille sans arrêt, du matin au soir, et qui ne supporte plus de se contenter de légumes, fruits et yaourts de soja. 


Il faut dire que la gentillesse des propriétaires des lieux m’a permis de ne pas une fois de plus perdre pieds. Mme et M. Martichon ont pris du temps pour nous parler, nous conseillons même sur les coins à visiter à proximité, ce qui m’a mis à l’aise. 


La pâtisserie située dans un petit village magnifique, m’a facilement attirée. À la fois sobre et élégante, elle a un côté familial et chaleureux. D’ailleurs la petite terrasse installée juste devant n’y ait pas pour rien, et invite à ce détendre dans une ambiance paisible.
Bref… Tout ce qu’il me fallait pour rester zen et ne pas céder face à la peste en moi qui détruit ma vie.


Au départ, nous ne devions prendre du pain que pour la tribu. Mais tous ces pains à l’allure rustique et aux si jolis noms ( j’adore l’idée de leur avoir donné les prénoms des enfants de la famille) m’ont interpellée. J’ai de suite su que je ne pourrais pas me contenter une fois de plus de regarder le Chéri et mes nains se régaler, pendant que je ne mangerais qu’un peu de poireau et de courge. 


Je ne me suis pas arrêtée en si bon chemin, puisque j’ai craqué pour un escargot au chocolat, pendant que le reste de la tribu préférait des meringues aux noisettes, gâteaux à la crème de châtaigne, big palmiers ou encore fougasses. 

Plaisir retrouvé à la Pâtisserie Martichon


Les bras chargés et le sourire aux lèvres, nous avons déniché un ptit coin sympa pour pique-niquer. Et franchement, que dire ? Si ce n’est Quel Bonheur !!! 


Le pain Pierre, au levain, était excellent, avec une croûte si croustillante ! La tresse aux olives était moelleuse et a même été appréciée de Vince, alors qu’il n’aime pas les olives. J’ai mangé des deux ! Victoire ! 

Plaisir retrouvé à la Pâtisserie Martichon


Seconde victoire, j’ai non seulement adoré mon escargot dont les pépites de chocolat étaient toutes fondantes, mais j’ai aussi testé le croissant aux amandes du Chéri et un peu de crème de châtaigne du gâteau de ma fille. 


Si tu savais l’émotion que ça a déclenché en moi, cher lecteur … Les sensations… Je ne suis même pas capable de te décrire tout ça. 
3 ans sans m’accorder le droit d’approcher une viennoiserie… 3 ans que je suis en pleine torture dès que j’en vois…. Merci la famille Martichon pour ce grand moment de bonheur que j’ai enfin pu obtenir ! Pour mes papilles qui sont reparties en enfance à chaque bouchée de cet escargot. Pour cette gourmandise retrouvée lorsque j’ai croqué dans le croissant aux amandes, qui était généreusement garni ( non, non, je n’ai pas fait dégouliné la crème ^^ Personne n’a rien vu ^^).

Plaisir retrouvé à la Pâtisserie Martichon


Je ne suis d’ailleurs pas la seule à m’être régalée. Toute la tribu a kiffé. À tel point qu’après avoir visité Venasque suite aux conseils du pâtissier ( c’était sublime, avec une vue magnifique) , nous sommes repassés par la boulangerie. Mlle Lolita ayant 10 ans demain, elle désirait avoir une tresse aux olives pour le grand jour. Tresse à laquelle nous avons ajouté à nouveau un pain Pierre, mais aussi 5 croissants aux amandes.

Oui 5! Car j’ai promis à ma poupée de tout faire pour réitérer ma victoire. 
Bon… Peut-être ne viendrais je pas au bout, sachant qu’il y aura aussi un gâteau d’anniversaire, mais ce n’est pas grave. Je compte bien en engloutir tout de même une bonne partie ( la culpabilité sera certainement là, comme ce fut le cas hier et encore aujourd’hui, mais ça ne m’empêchera pas de tenir ma promesse) .

Plaisir retrouvé à la Pâtisserie Martichon


Encore un immense merci aux charmants patrons de la pâtisserie Martichon, grâce à qui je me suis sentie à nouveau un peu normale durant une journée ! Grâce à qui j’ai à nouveau pu partager un instant gourmand et de pur plaisir avec mes Gremlins ! Merci ! 

Cette souffrance invisible

Avoir rencontré Ana n’était pas la meilleure chose qui me soit arrivé. Et ça ne l’est toujours pas.


Elle, qui se prétendait mon amie, cachait bien son jeu. Il faut dire que la demoiselle avait une idée derrière la tête, lorsqu’elle m’a approché. Elle savait ce qu’elle faisait, me laissant miroiter qu’elle ne voulait que mon bonheur. Qu’elle voulait m’aider pour faire disparaître cette souffrance que j’avais en moi.
Elle a vite su me piéger. Me rendre dépendante. Et m’empêcher de réfléchir par moi-même.

Mais elle ne s’est pas contentée de s’immiscer dans mon crâne. Loin de là.
Elle a préféré détruire doucement tout mon être. Petit bout par petit bout. Cheveux tombant par poignées, ongles cassants, peau sèche…
Rien de bien méchant si l’on s’arrête là.

C’est tout mon corps qu’elle avait prévu de tuer à petit feu. Et franchement, je dois reconnaître que son plan était parfait. À tel point que mon cerveau, mes jambes, mes bras et mon cœur ne veulent plus m’écouter, étant tellement fragilisés.

Le problème… Ou plutôt le coup de maître  d’Ana, c’est qu’elle a réussi à m’affaiblir sans que cela ne soit visible aux yeux du ” commun des mortels“.

Qui pourrait dire en me voyant que mes muscles sont atrophiés. Que j’ai des kystes aux genoux, qui risquent de m’imposer plusieurs opérations d’ici peu. Que j’ai déjà de l’ostéoporose. Que mon cœur bas trop lentement. Que je ne parviens plus vraiment à me concentrer. Que trouver de simples mots du quotidien pour m’exprimer est un véritable défi de tous les instants, ce qui m’oblige bien souvent à demander à la tribu de parler pour moi à d’autres personnes ( le moindre coup de téléphone ou la plus petite demande à un vendeur, est un combat pour moi désormais) . Que je fais de la fièvre un jour sur deux. Que la nuit je me réveille en eaux et totalement gelée. Que je n’arrive plus du tout à me réchauffer et que j’ai développé le syndrome de Raynaud, qui peut parfois devenir bien douloureux.

Personne…

Même certains médecins que j’ai dû consulter, ont été surpris de savoir qu’Ana cohabitait avec moi. << Vous, anorexique ? Pourtant, vous êtes bien ! >>.
Que tu crois…

Sais-tu que même si j’ai repris un peu de poids, manger est toujours compliqué pour moi. Que je me refuse toujours la plupart des aliments et plats que tu dévores sans arrêt. Que je ne mange plus et ne bois plus après 21h, même si je meurs de faim et de soif ( ce qui va me faire passer une nuit atroce, à attendre désespérément le lendemain matin, pour enfin prendre mon petit déjeuner ). Qu’il m’arrive de me cacher de ma famille pour avaler une ou deux olives, lorsque je sens que mon estomac n’en peut plus d’être vide, comme une gosse faisant une bêtise, pour ensuite culpabiliser durant des heures. Que je peux être souriante et pleine de joie, pour fondre en larmes 5 minutes après, sans véritable raison, et plonger de suite en dépression. Que les idées noires peuvent me quitter durant des mois et revenir à la charge d’un coup, me faisant penser au pire.


Non… Ça cher toubib, tu ne le vois pas. Car tu te focalises juste sur mon apparence extérieure. Comme tout le monde…


Alors oui ! Oui, je suis heureuse et soulagée d’avoir enfin reçu ce courrier. D’avoir eu cette reconnaissance de travailleuse handicapée, grâce à laquelle je vais enfin pouvoir “prouver” que je vais mal par moment. Que je n’affabule pas. Que j’ai le droit parfois d’être épuisée et de dire non.
Heureuse aussi d’avoir bientôt entre les mains une carte de priorité, qui pourra m’éviter d’être à deux doigts de m’écrouler à une caisse avec une file à rallonge, lorsque mon corps sous-alimenté ne tiendra plus. Qui me permettra de m’asseoir dans le tram à n’importe quelle place, quand mes jambes tétanisée ne répondront plus.

Dommage que mon beau projet de reconversion professionnelle ne soit pas accepté. Mais hors de question de reprendre mon boulot d’assistante maternelle un jour. Comme indiqué dans le courrier, je vais devoir attendre d’être en meilleure forme pour passer ensuite par CAP emploi.


Pour le moment, je reste avec Ana…

S’organiser lorsque on a une grande tribu

Comment s’organiser lorsque l’on a une famille de 5 personnes et que l’on souffre d’anorexie et d’orthorexie?

 
Quelques personnes m’ont récemment demandé comment je faisais pour m’organiser et réaliser autant de choses dans une journée.
 
Je dois dire qu’ayant en général la sensation de ne pas en faire assez, j’ai été très surprise et et touchée lorsque l’on m’a dit être admirative des tâches que j’accomplis au quotidien.
 
Car il faut savoir qu’avec ma maladie j’ai un besoin permanent de tout contrôler à tel point que cela en devient obsessionnel.
 
Je ne parviens pas à tenir en place très longtemps et j’ai tout le temps besoin de m’occuper l’esprit pour éviter de trop cogiter et de penser pendant des heures à la nourriture.
 
De plus, rares sont les personnes à prendre en compte que les TCA posent de gros soucis au niveau de la mémoire et de la concentration. Un poids trop faible implique un corps qui n’arrive plus à fonctionner correctement. Celui-ci met donc en veille certaines parties pour ne faire fonctionner que ce qu’il estime vitale. Du coup bien souvent le cerveau ne suit plus. Et dans ces moments-là impossible pour moi de rester focalisée bien longtemps sur quelque chose voir même d’aligner 3 mots correctement. Je peine à m’exprimer et et m’énerve de ne pas réussir à faire une phrase même toute simple. Moi qui avait jusque-là une mémoire plutôt pas mal j’en oublie bien souvent les moindres petits détails de ma vie, alors je vous laisse imaginer en ce qui concerne les rendez-vous.
 
N’ayant pas de secrétaire pour me rappeler régulièrement ce que je dois faire et où je dois aller, et devant gérer le quotidien et les emplois du temps différents de toute la famille, je dois à tout prix m’organiser.
 
Pour cela j’ai mis en place quelques astuces, que je vais te dévoiler et qui j’espère pourront te servir.
 
S'organiser lorsque on a une grande tribu
 
Dans un premier temps tu vas pouvoir constater que ma porte d’entrée est devenue un pense-bête géant.
 
J’y ai collé des petits tableaux pour chaque mois dans lesquels je note rigoureusement tous les rendez-vous à venir, mais aussi ce que nous faisons au jour le jour. De cette façon plus besoin de me creuser la tête sans arrêt pour me rappeler de ce que j’ai pu faire les jours passés.
 
Mais pourquoi mettre ça sur la porte d’entrée me diras-tu. Tout simplement parce que c’est l’endroit où nous passons forcément tous les jours et plusieurs fois par jour, ce qui nous oblige à voir ce calendrier. Jusque-là je notais tout dans mon Bullet journal. Seulement à la longue j’ai oublié de le consulter et j’ai pu constater que j’avais encore plus le besoin d’ajouter des tas et des tas d’activités à faire en plus. Cela en devenait frustrant lorsque je ne parvenais pas à accomplir toutes les tâches que je m’étais fixée. C’était limite une compétition épuisante avec moi-même.
 
S'organiser lorsque on a une grande tribu
 
Mais ce n’est pas tout ce que l’on peut trouver sur ma porte.
 
J’y ai ajouté l’emploi du temps de mon grand qui est au collège, ainsi qu’un graphisme regroupant les saisons et les anniversaires de toute la famille.
 
 
S'organiser lorsque on a une grande tribu
 
Histoire de ne pas devoir chercher tout le temps les numéros de téléphone utiles que nous utilisons souvent, je les ai affichés sur le disjoncteur, juste à côté de la porte. J’y mets aussi les cartons d’invitation pour les anniversaires que reçoivent les enfants et les différents flyers que je désire conserver dans l’optique de me rendre aux animations et événements.
 
Le dernier élément qui va d’ici peu décorer ma porte, est un calendrier des fruits et légumes que l’on peut trouver en fonction des saisons. Il est en préparation et nous sera bien utile pour nos futures cueillettes.
 
S'organiser lorsque on a une grande tribu
 
Pour terminer avec mon entrée, j’ai aussi installé un range lettres dans lequel nous glissons les papiers qu’il faut garder sous la main, ainsi que les tickets de caisse qu’il faudra que j’ajoute aux comptes. On y trouve aussi des stylos et des morceaux de papier qui peuvent servir de brouillon, ou en cas de griffonnage et d’éléments à noter ( conversation téléphonique, liste de courses…). D’ailleurs pour rester dans une ambiance écologique, ces morceaux de papier sont découpés dans les dessins que les enfants ne veulent pas garder, ou dans les courriers et pubs que je reçois et qui ne me servent pas.
 
Maintenant je vais te parler de mon astuce budget.
 
Comme dit plus haut je regroupe les derniers ticket de caisse tous ensemble.
Plusieurs fois par semaine je fais les comptes en utilisant un logiciel qui s’appelle budget pour les nuls. Je rentre dedans chaque dépenses et vérifie minutieusement que mes comptes correspondent à mon solde bancaire.
Je prévois les dépenses à venir en mettant consciencieusement de l’argent de côté et en me refusant d’y toucher même en cas de coup dur. Par exemple depuis que nous sommes propriétaire nous savons que nous allons devoir sortir une grosse somme d’argent pour le ravalement des façades. Du coup tous les mois je mets de l’argent de côté. Et même lorsque les fins de mois sont difficiles ou qu’un gros imprévu nous tombe dessus, je refuse catégoriquement que l’on prenne dans cette somme. Je vais plutôt me débrouiller pour faire des économies autrement en limitant les sorties payantes, en chinant les bonnes occas et petits tarifs, et en préparant le maximum de choses moi-même, que ce soit les repas, les cadeaux, ou même les déguisements des enfants.
 
Comme beaucoup de monde j’ai aussi plusieurs cartes de fidélité dans les magasins qui permettent petit à petit de créditer de l’argent.
Je n’utilise jamais au cours de l’année ces sommes, préférant les garder pour la fin d’année qui chez nous est assez chargée en événements. En octobre, novembre, décembre et janvier nous cumulons les anniversaires et fêtes. Du coup il est bien pratique de pouvoir à ce moment-là utiliser les cagnotte de fidélité.
 
Maintenant parlons du quotidien lorsque les enfants ont école.
 
Pour ne pas galérer le matin je prévois la veille au soir ce qu’ils vont pouvoir déguster au petit déjeuner. Soit tout est prêt à leur réveil car il s’agit d’une pâtisserie ou d’un porridge préparé à l’avance. Soit nous nous sommes mis d’accord avec le Chéri sur ce qu’il y aura à manger et ce dernier prépare rapidement ce qu’il leur faut, pendant que les enfants se lèvent et que je m’occupe de mon propre petit-déjeuner. A savoir que je suis toujours réveillée bien avant tout le monde, ce qui me permet de faire un brin de ménage et de foncer sous la douche, avant de croiser la tribu.
 
La veille au soir chaque enfant prépare son cartable qu’il dépose dans le salon et choisit sa tenue pour le lendemain qu’il dispose dans sa chambre pour pouvoir s’habiller tout seul au réveil.
Les Gremlins préparent aussi avant d’aller se coucher leurs plateaux, serviettes, verres et couverts, pour ne pas avoir à le faire le matin. Un gain de temps qui n’est pas négligeable.
 
Ce qui est aussi bien pratique c’est d’utiliser au maximum son congélateur.
Lorsque je réalise un gâteau par exemple, les parts en trop ne sont pas mangées par gourmandise dans la foulée mais congelées individuellement ce qui me permet de toujours avoir en stock des desserts, goûters, et petit-déjeuners faits maison. De même si j’ai des restes de plats.
 
Pour ce qui est du sport je dois avouer que j’ai beaucoup freiné. De toute façon je n’ai plus l’autorisation pour le moment de faire grand-chose. Plus de musculation ni de cardio, pas de séance intensive. Je n’ai le droit que de faire du yoga doux ou du pilate ainsi que quelques balades, et maximum 20 minutes de vélo d’appartement. Du coup je ne me mets plus autant la pression qu’avant, même si je dois le reconnaître il est très dur pour moi de ne plus pouvoir faire autant de sport qu’il y a quelques années en arrière. Je fais une séance lorsque je sens que j’en ai besoin physiquement mais aussi moralement, que je dois me changer les idées et tout simplement que j’en ai envie.
 
Comme je dors beaucoup moins que le reste de la tribu (merci les TCA) je peux de temps en temps m’accorder le matin un petit moment rien qu’à moi, qui tourne en général autour du yoga, de la méditation ou d’Insta.
 
Dernier point, je dois reconnaître que j’ai beaucoup plus de temps pour dessiner ou même lire et passer d’agréables moments en famille, depuis que nous avons pris la décision de ne plus regarder fréquemment la télé. Nos séjours dans l’Aude et en Italie, dans des villages totalement perdus, nous on permis de nous rendre compte que nous préférions faire d’autres activités que de rester affalés sur nos canapés, l’esprit totalement lessivé par la tv.
Attention, je ne dis pas que nous ne sommes pas toujours des accros de séries, et que nous avons abandonné notre abonnement à Netflix. Mais juste que nous n’allumons plus beaucoup nos écrans pour le moment et que nous nous remettrons un peu plus là-dedans lorsque le froid et la grisaille seront de retour. Pour le moment il est bien plus sympa de profiter des derniers jours de chaleur et du grand-air pour aller faire de belle cueillettes à stocker pour l’hiver.
 
S'organiser lorsque on a une grande tribu
 
J’allais oublier je fais aussi beaucoup de To Do List pour savoir ce qu’il me reste à faire dans les jours à venir. Lorsqu’une de mes tâches est accomplie, je la raye. 
Il en va de même pour les devoirs des enfants que nous avons pris l’habitude de leur faire faire le vendredi soir retour de l’école, pour la semaine complète. Dès qu’ils ont fini une leçon ou un exercice, ils le surlignent et passent au suivant pour n’avoir plus qu’à relire ou réviser les cours durant la semaine. 
 
Et toi, as-tu des petites astuces pour t’organiser et remplir correctement tes journées ?
N’hésite pas à me les partager en commentaire ! Elles seront sûrement utiles à d’autres personnes ! 

Anorexie, pourquoi en parler

Anorexie, pourquoi en parler

 

Dernièrement j’ai été très touchée d’apprendre qu’à force de lire mes posts, de suivre mon compte, une jeune femme s’était aperçue qu’elle aussi souffrait de TCA.

Comme moi, elle n’avait pas écouté ce que lui disaient ses proches, son entourage et elle avait nié pendant un moment l’état dans lequel elle avait doucement plongée.

Savoir que désormais, elle a mis le doigt sur ce problème et qu’elle va pouvoir tout faire pour reprendre sa vie en main et lutter, me donne le sourire.

Bien évidemment je ne suis pas heureuse de savoir qu’elle aussi, malheureusement est atteinte du même trouble que moi. Je ne souhaiterais pas cela à mon pire ennemi. Je suis tout simplement contente de savoir qu’elle va pouvoir se reconstruire et éviter de descendre plus bas dans cet enfer.

C’est exactement pour cette raison, que j’ai décidé de parler à cœur ouvert de ma maladie, de mon état, des moments où je vais bien, mais aussi de ceux où je vais mal… De tout ce qui fait qu’il ne faut surtout pas finir dans l’anorexie.

Au départ je me disais qu’il valait mieux cacher cette partie de moi. Faire semblant… Sourire à longueur de temps et ne publier sur Instagram que les bons jours, que des photos enjouées…

Mais dans quel intérêt ? Pour me cacher ? Pour me préserver ? Par peur du regard des autres, des critiques, de ce que l’on va penser de moi… Mais n’est-ce pas déjà ce regard des autres, cette crainte du monde extérieur, de ne pas plaire, de ne pas rentrer dans le moule qui m’a fait tomber aussi bas ?

Parce que j’avais honte ?

Oh oui j’ai honte, tellement honte… Honte de moi quand je bloque dans un magasin, dans une boulangerie, dans n’importe quel rayon alimentaire… Au restaurant parce que je mets des heures à choisir ce que je vais peut-être réussir à manger… Lorsque je vois ma famille attendre que je finisse par me décider…

Mais aujourd’hui je suis fière, fière de de savoir que cette jeune femme, un peu grâce à mon vécu que je partage, va retrouver une vie plus normale.

 

Anorexie, pourquoi en parler

 

On ne devrait pas avoir à cacher sa maladie. Si les gens autour de nous étaient mieux informés, ils pourraient peut-être plus facilement nous comprendre ou du moins anticiper nos réactions, et notre comportement. A chaque fois que je vais dans un restau ( ce qui est très rare ) je me souviens de ce couple qui un jour, dans un Buffalo Grill où tout était allé de travers, m’avait dit << On ne va pas au restaurant quand on est malade, on reste chez soi >>. Belle mentalité…. Combien de personnes devraient alors se morfondre chez elles?

La société aime coller des étiquettes. Elle aime classer les gens. Du coup on imagine que les anorexiques sont principalement des jeunes filles, des ados, mal dans leur peau à cause de la puberté. Que forcément elles sont extrêmement maigres et se font vomir régulièrement. On a beaucoup plus de mal à imaginer qu’un homme ou même une mère de famille puisse être atteint de ce trouble.

Le pire c’est que l’on ne voit pas tout ce que cela entraîne, toutes les autres maladies liées à l’anorexie. Comme par exemple l’orthorexie qui oblige la personne qui en souffre à tout contrôler, à ne manger que des aliments jugés extrêmement sains et à se dépenser physiquement à chaque bouchée avalée. Ou encore la potomanie dans laquelle on tombe doucement à force de boire des litres d’eau ou de thé pour contrer sa faim. Une autre astuce souvent mise en place pour duper son estomac étant le masticage de chewing-gum, qui nous faisant avaler de l’air, gonfle ensuite l’estomac et renvoie à nouveau une image déformée qui n’aidera pas les anorexiques. Un cercle vicieux.

Sans oublier l’ostéoporose, les jambes si douloureuses, le corps si fragile… L’insomnie… La fatigue… Le cerveau qui se met au ralenti et nous empêche de nous concentrer sur quelque chose ( adieu cinéma, livres, coloriage). Le cœur qui déraille… Les cheveux que l’on perd par poignée et les ongles qui se cassent tout le temps… Les hormones complètement détraquées…

Le moindre acte est très compliqué pour les anorexiques. Il faut tout anticiper et si un imprévu arrive cela peut être la catastrophe. Un mini changement dans le planning et ça peut finir en drame, plongeant la personne dans la dépression.

Du coup on s’éloigne des autres et on finit par être seul. On ne veut pas imposer tout cela à ses amis. On préfère ne pas leur compliquer la vie.

Dernièrement je suis partie en weekend avec ma famille dans un petit village totalement perdu, à l’écart de tout. Il a fallu faire une heure de route pour trouver un petit magasin de proximité. Mais une fois sur place, grosse panique pour moi car il n’y avait absolument pas de produits frais, ni légumes, ni fruits. Comme je ne mange presque que ça, je me suis retrouvée dans un sale état à errer de rayon en rayon, en essayant de trouver comment j’allais pouvoir m’alimenter. J’étais à deux doigts de m’effondrer, ce que finalement j’ai fait une fois rentrés dans la maison que nous louions.

Personne ne peut s’imaginer à quel point le quotidien peu vite devenir pesant dans de telles situations. Pour soi, comme pour les autres.

Voilà pourquoi je tiens tellement à ne pas camoufler les mauvais côtés de ma vie. Je veux que l’on sache ce qui se cache derrière l’anorexie. Je veux que l’on arrête de croire qu’il ne s’agit que de nourriture. Qu’en dehors du blocage devant l’assiette, il y a tout un monde.

 

Anorexie, pourquoi en parler

Je suis donc très heureuse de pouvoir bientôt aider l’association Keys, créée par Alexia Savey, lors d’un parcours d’éclosion qui aura lieu à Marseille en 2019 et qui aura pour but d’offrir une journée merveilleuse à des jeunes femmes qui ont besoin de soutien.

Informations sur l’association Keys

Qu’est-ce que le Parcours d’éclosion?

 

Faire un don

Quasimodo, mon ami

 

Quasimodo, mon ami

 

Une sale journée…. A nouveau….

Une journée << shopping >> qui s’est transformée en supplice… En calvaire… En enfer….

Quand j’entends les gens dans les boutiques, se plaindre qu’il n’y a ait encore que des petites tailles, je ne peux m’empêcher intérieurement de rire. Moi aussi, il y a peu je réagissais de la même façon…. Moi aussi je pestais sur ces fichues tailles S ou 38 qui se répandaient dans les rayons. Seulement maintenant, je connais l’envers du décor…. Je sais ce que cachent ces lettres et ces chiffres….

En effet, je dois reconnaître qu’il est plus sympa de faire les magasins, lorsque l’on sait que l’on va facilement rentrer dans les fringues. Que l’on aura pas besoin de tester 3 tailles différentes avant de trouver le pantalon qui nous convienne.

 

Quasimodo, mon ami

 

Et pourtant….

Si notre société nous donne l’impression qu’il est plus gratifiant de se pointer aux cabines d’essayage avec une robe en XS ( taille finalement pas si simple que ça à dénicher, je peux te l’assurer ), faire de même avec un soutiens-gorge est une véritable honte et un énorme défis.

Devoir interpeller une vendeuse pour savoir si elle a du bonnet A est une pure humiliation. En être à se dire que bientôt ta propre môme aura plus de poitrine que toi est une torture….

Alors imagine ce qu’à pu être cette journée que je viens de vivre, à tenter désespérément de trouver un maillot de bain pour notre futur voyage….

Ma maladie m’a tout pris…. Rayant de mon corps non seulement les kilos en trop et ceux vitaux, mais aussi mes seins et mes fesses. Détruisant toute part de féminité….

Pourtant, m’étant rendue compte à temps de la situation dans laquelle je suis, à savoir l’anorexie, je ne suis pas descendue assez bas pour que les gens prennent réellement mon cas au sérieux.

Je ne suis pas le stéréotype que l’on imagine de l’anorexique basique. Non…. Je ne fais pas 36kg, je n’ai pas le visage et le corps trop squelettique, et je n’ai pas d’immenses cernes….. Car soyons honnêtes, voilà le portrait que tout un chacun se fait d’une anorexique.

D’ailleurs quand il m’est arrivé de dévoiler mon problème à quelques personnes, bien souvent on m’a répondu << Ah bon? Ca ne se voit pas pourtant! >>.

Bah ouais…. Mais peut être est-ce parce que je sais cacher mon corps ou le mettre un peu en valeur. Que j’ai pris l’habitude de choisir mes tenues soigneusement, en fonction du lieu et du contexte dans lequel je vais me retrouver. Sachant qu’avec telle personne je me sentirais plus à l’aise de me dévoiler légèrement….

 

Quasimodo, mon ami

 

La semaine dernière, je devais passer un examen avec un chirurgien, suite aux nombreux problèmes que me causent mes jambes. Ces jambes dont les chevilles n’arrivent même plus à porter mes chaussures au point de me donner la sensation qu’elles sont en plomb…. Bref… Ce cher homme, m’a demandé pourquoi je venais le consulter. En lui tendant la lettre rédigée par mon généraliste ( qui m’avait recommandé ce dernier ), je lui explique mes TCA et le fait que l’on vient de me diagnostiquer de l’ostéoporose. Ouais…. 32 ans et me voici déjà avec cette pathologie de vieux….

Sa réaction ne s’est pas faite attendre : << Vous? Anorexique? Pourtant vous êtes très bien! >>.

Cette simple phrase pourrait surement être un compliment pour n’importe qui de << normale >>. Seulement dite à quelqu’un qui cohabite avec Ana, c’est juste destructeur. Dans un premier temps, je n’ai pas réagi. N’étant plus dans le déni, je pensais que ces mots n’allaient pas me toucher. Qu’ils glisseraient. Mais une semaine après, je me rends compte qu’ils sont toujours dans ma tête et qu’ils vont y rester un bon moment.

Car de telles paroles me font culpabiliser. J’ai l’impression que l’on doit se dire que j’affabule…. Que je n’ai rien… Que je fais un petit caprice pour que l’on me regarde, alors que je pourrais manger normalement sans souci… Que je tente de prendre la place d’une << véritable >> anorexique, comme on prendrait la place de stationnement d’un handicapé sans en avoir le droit.

Même culpabilité lorsque, partant d’une bonne intention, lors d’un repas, on me sort << Tu as bien mangé ! >>. Je sais que ce n’est pas méchant, et qu’au contraire ces mots sont positifs et plein d’encouragements…. Sauf que dans mon esprit, ils se transforment en << Tu as trop mangé ! >>. Stupide hein! Mais que veux-tu, la Peste me fait réagir bêtement. Ces quelques mots me donnent eux aussi le sentiment d’être dans l’imposture… Une pâle copie d’une vraie malade… Car bien souvent, les gens qui me disent ça ne me voient que dans un bon jour, où j’ai prévu d’aller manger avec eux…. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’il m’a fallu des jours voire des semaines de préparation pour anticiper cet instant hors de ma zone de confort. Ils ne savent pas que je me suis privée sur plusieurs repas. Ni que oui, je vais réussir lors de cette sortie à manger un peu plus que d’habitude, mais que le ou les repas suivants, je vais me restreindre encore plus. Ou fut une époque, compenser physiquement ( 4 mois et 3 semaines aujourd’hui que j’ai dit adieu à ma fitbit ! ).

Donc non, désolée…. Je n’ai pas bien mangé…. J’ai juste pour une fois, nourri un peu plus mon corps, passant du stade d’absorption minimale d’aliments pour survivre à une quantité d’une personne au régime….

Ces personnes ne savent pas que j’ai tellement honte et peur de retourner me resservir une deuxième, troisième ou quatrième fois. Que lorsque elles, décident de ne plus rien avaler, moi j’angoisse et me bloque pour ne pas reprendre quoique ce soit, car je me dis que si elles n’ont plus faim, ce doit être pareil pour moi. Sauf que là, encore, tout est différent…. Toi, vous, eux… Avez pu manger de tout, y compris des aliments qui tiennent au corps et donnent de l’énergie. Moi, je me suis servie 3 ou 4 fois des crudités…. Un peu de protéines peut être…. Mais c’est tout…. Alors bien entendu, après mes 3 cuillères à soupe de tomates, mes 6 radis et la cuillère à café de houmous, mon estomac réclame plus…. Toujours plus…. Mais moi, je continue à le faire passer en mode survie….

Je ne l’écoute pas…. Trop de culpabilité…. Trop de honte…. Trop de remise en question…. << Elle?! Anorexique?! Mais elle se fiche de nous! Regarde combien d’assiettes elle a englouti! Ce n’est qu’une menteuse…. Elle se joue de nous….>>

 

Quasimodo, mon ami

 

Seulement aujourd’hui, face à mon reflet dans le miroir des cabines d’essayage, j’ai craqué….. J’ai fondu en larmes….

Les paroles d’une des chansons du Bossu de Notre Dame, de Disney, me sont revenues en tête…. Tu es difforme…. Je suis difforme…. Et tu es très laid….. Et je suis très laid…. Ce sont des crimes aux yeux des Hommes qui sont sans pitié….

Car oui… Je suis difforme…. A tel point qu’il m’a été impossible d’acheter un maillot. Impossible d’envisager pouvoir me montrer comme ça à la plage…. Mon reflet m’a renvoyé en pleine figure ce dos où ma colonne est si marquée que depuis plusieurs mois j’appelle ça << mon dos de dinosaure >>… ( Les enfants regardez! Maman est devenue un stégosaure ! Elle est pote avec Denver ! )…. Cette poitrine qui n’existe plus que dans mes souvenirs et qui a laissé place à deux morceaux de peau qui pendouillent, au dessus desquels ont peut admirer ma clavicule et les os de mon thorax…. Ces fesses flasques, qui font des plis….

Mais le pire, je crois….

C’est ce ventre…. Cet saleté de ventre, qui au lieu d’être plat ou creusé, comme on l’imagine chez une anorexique, est si gonflé que l’on pourrait croire que je suis enceinte…. Pas de poitrine et un ventre proéminent, voici le combo parfait pour vouloir abandonner ses recherches et foncer se cacher sous un gros pull….

Pourtant je sais bien que ce ventre est comme ça, à cause de la rétention d’eau. Que mon corps pour survivre, a pris l’habitude de digérer plus lentement de façon a puiser au maximum l’énergie des aliments que j’avale. Que du coup après chaque repas, il se gonfle, mais finira par se calmer… Je sais tout ça. Sauf que dans ces moments là, je rêve de pouvoir le faire éclater avec une aiguille, comme un ballon de baudruche…

Et mon reflet, lui, il ne le sait pas…. Tout comme les gens, qui profiteront du soleil à la plage, ne le savent pas non plus….

Quasimodo, mon ami

 

J’en viens donc parfois à me dire que si je n’avais pas pris conscience de mon état aussi tôt, que j’étais descendue plus bas, on prendrait peut être mon cas plus au sérieux…. On ne remettrait pas en cause les symptômes que je décris, ni les douleurs que je subis toute la journée, du matin au soir….

Pourtant ce n’est pas une solution…. Je veux retrouver mon corps…. Le ré-apprivoiser…. Ne plus me cacher…. Ne plus avoir honte…. Ne plus dissimuler mon horrible dos à mon époux et à mes enfants, car je crains de les effrayer…. Car j’ai peur de lire du dégoût dans leurs regards…. Je veux revivre…. Je veux vivre….

 

Quasimodo, mon ami

 

Ces jours où…

Ces jours où...

L’anorexie, c’est se retrouver avec des hormones totalement détraquées. Des hormones qui oublient que vous êtes une femme et décident qu’il est grand temps pour elles de se la jouer solo, faisant disparaître certains éléments de votre cycle…

Pourtant, même si l’idée de ne plus avoir de règles sans être en pleine grossesse, peut avoir de quoi se réjouir et un sacré côté pratique, d’autres symptômes peuvent venir tout gâcher. Ils mettent même en danger la victime de cette peste d’Ana.

Ces jours où…

Ces jours où même si je sais que je ne suis pas énorme, comme se l’efforce de me le faire croire cette fichue diablesse, je me prends tout de même pour la réincarnation de Moby Dick…
Ces jours où mon ventre reste gonflé quoique je fasse et quoique je mange ( ou ne mange pas)…
Ces jours où je ne parviens même pas à le rentrer et où du coup je ne vois plus que lui…
Ces jours où il est si dur qu’il en devient douloureux, au point de m’empêcher de me pencher…

Ces jours là, les petites victoires que je venais d’obtenir dans ma lutte face à ma maladie, s’estompent et s’éloignent dangereusement. Mon cerveau a beau savoir que cette situation va passer, la petite voix, elle, fait tout son possible pour me faire croire que mon combat ne sert à rien. Que mon corps est difforme, obèse, immonde…

Je sais très bien que tout ça n’est que mensonge… Mes ces jours là, mon moral en prend un coup et ma raison aussi…

J’en reviens au point de départ, réduisant les quantités de ce que j’ingère… Évitant de plus belle certains aliments, tout particulièrement ceux que je venais tout juste de réintroduire… Ayant envie de me cacher sous de gros pulls, alors que la veille je me sentais si bien dans ma petite robe…

Ces jours là, ma tête est comme déconnectée. Elle laisse carte blanche à ces saletés d’hormones qui font n’importe quoi.
Et celles-ci s’en donnent à cœur joie. Plus de règles, mais de la fièvre, des nuits d’insomnie, de l’acné comme si j’étais à nouveau une ado, de la rétention d’eau en pagaille, un corps si douloureux que toute position est une torture.

Ces jours là, j’en ai tellement marre d’être moi…

Mon aventure végétarienne au restaurant Le Balagan

Les restaurants végétariens commencent tout doucement à se répandre dans les villes. On en trouve un peu plus facilement.

Ce que j’aime dans ce genre d’endroit, c’est que la cuisine est faite maison. Signe qu’en général on va pouvoir savoir clairement ce qu’il y aura dans nos assiettes.

Mardi 20 mars avait lieu la Journée Sans Viande. Alors pour l’occasion, j’ai voulu aller déjeuner en extérieur, en partant bien évidemment du principe que j’allais suivre le mouvement. De toute façon, ça collait à la perfection avec mon jour vegan qui tombait en même temps.

 

 

Mon aventure végétarienne au restaurant Le Balagan

 

Ne connaissant pas trop les restaus végés du secteur et ne pouvant aller essayer celui qui me tentait depuis un moment puisqu’il était fermé, j’ai demandé de l’aide à google / tripadvisor. Après avoir regardé les sites et comptes facebook de différents restaurants, j’ai découvert la carte du Balagan.

Situé dans le 8ème arrondissement de Marseille, au 99 rue du Rouet, ce restaurant-traiteur est une adresse sympathique à connaître.

 

Mon aventure végétarienne au restaurant Le Balagan

Mon aventure végétarienne au restaurant Le Balagan

 

La déco colorée de la salle, avec ses murs peints dans différents tons, ses tables et chaises de jardins multicolores en métal, associés à une grosse table en bois avec bancs et un beau miroir ancien, donne un côté à la fois plein de peps et chaleureux à cet espace plein. Le piano qui trône dans un coin nous invite à y faire courir nos doigts pour profiter d’un repas en musique.

 

Mon aventure végétarienne au restaurant Le Balagan

 

Pas de mauvaise surprise au niveau de la carte et des tarifs. Tout est affiché aux murs, sur de grands tableaux noirs.

Le concept est selon moi, tout simplement top.

 

Mon aventure végétarienne au restaurant Le Balagan

 

Plusieurs plats, tartes, soupes, salades et desserts sont proposés. Changeant chaque semaine, en fonction des produits de saison disponibles et des envies créatives du Chef, qui travaille avec des ingrédients frais. Tout est fait maison, 100% végétal et préparé le matin même.

Nous avons donc plusieurs possibilités pour faire notre choix. Prendre à la carte ( 8,90€ plat chaud, 5,20€ soupe/ salade/crousti ou tarte, 3,90€ dessert )  ou partir sur une formule.

C’est là que je trouve l’idée bien sympa.

On peut créer son menu parfait, à moindre coût :

  • pour 8,90€ : 1 élément + 1 dessert
  • pour 10€ : 1 élément + 1 salade verte ou 1 mini salé + 1 dessert
  • pour 12€ : 2 éléments + 1 dessert

Cela signifie que l’on peut choisir 1 ou 2 éléments ( suivant la formule ), parmi les soupes, tartes salées, salades et crousti burgers. De même pour le dessert, à nous de nous laisser tenter par celui qui nous fait le plus de l’œil.

  • pour 12€ : 1 plat chaud + 1 dessert
  • pour 13€ : 1 plat chaud + 1 salade verte + 1 dessert
  • pour 15€ : 1 plat chaud + salade ou soupe ou tarte + 1 dessert

Même combat qu’avec les formules précédentes, mais en choisissant dans les plats chauds.

Bon…. Moi…. Ce que j’ai préféré, c’est la dernière option…. Celle des gourmands, qui veulent tout tester ( ou presque )… Il s’agit de l’assiette dégustation que l’on compose en mixant différents plats de la carte.

  • seule : 12€
  • avec 1 dessert : 15€
  • avec une assiette d’assortiments de desserts : 17€

Avec l’assiette dégustation, on peut demander un morceau de tarte, y ajouter des légumes, un bol de soupe, différentes salades… Bref, se faire une jolie assiette complète remplie de bonnes choses. Et si on a encore de la place, pourquoi ne pas partir sur l’assortiments de desserts, pour à nouveau se créer une belle assiette gourmande, en mélangeant différentes douceurs.

Mon aventure végétarienne au restaurant Le Balagan

 

Pour les boissons, il y a des jus centrifugés, de la citronnade maison, de la bière, du vin, des sodas, du café, etc…. On peut aussi prendre un verre de thé en libre service, contre une ptite pièce à glisser dans une boîte. Don qui sera reversé à la SPA du quartier. Il est même possible d’acheter un plat qui restera disponible pour une personne dans le besoin, qui pourra venir le chercher plus tard ( 7€ ).

Maintenant que tu connais le concept, voyons ce que l’on mange….

 

Mon aventure végétarienne au restaurant Le Balagan

 

La semaine dernière, il y avait :

  • 2 crousti burgers : chèvre / figue / oignons confits, et chèvre / blette / miel / oignons confits
  • 4 plats chauds : lasagnes de légumes grillés au chèvre, lasagnes aux légumes, steak veggy et frites, riz coco aux épices et légumes rôtis
  • 5 tartes : pissaladière, blettes / chèvre / miel, légumes grillés, légumes grillés / chèvre, tortillas pommes de terre / épinards
  • 3 soupes : légumes, patate douce, lentilles ( j’ai oublié les épices qu’elles contenaient )
  • salades : fenouil aux agrumes, chou rouge, carotte / betterave, etc….
  • desserts : tarte aux pommes caramélisées, crumble de fruits rouges, tarte choco noir façon mendiant, clafoutis aux fruits, gâteau au chocolat, salade de fruits, compote de pomme, cookies, gâteau à l’amande, etc….

Comme tu peux le voir, mon ptit ventre sur pattes, il y avait de quoi se faire plaisir.

Mais tu vas me dire que tout ça c’est bien beau, mais qu’à part les salades, je ne pouvais rien avaler…. Alors comment j’ai pu tellement adorer cet endroit, au point de vouloir t’en parler.

Bah parce que j’ai déniché le Saint Graal de Marseille pour anorexique comme moi, qui tremble face au moindre féculent.

 

Mon aventure végétarienne au restaurant Le Balagan

 

Mon aventure végétarienne au restaurant Le Balagan

 

Viens je te montre mon repas, pour que tu comprennes….

Je me suis donc lancée dans l’aventure de l’assiette dégustation. Ouaip…. Grosse faim et envie de goûter plein de choses.

Il faut dire que le patron, très à l’écoute et charmant, a bien pris le temps de m’expliquer chacune de ses créations culinaires, ce qui m’a permis de me mettre en confiance et à l’aise. Du coup, j’ai décidé de prendre un bol de soupe de lentilles ( que j’ai réussi à déguster en me basant sur le fait que c’étaient mes protéines), de la salade de fenouil, des légumes rôtis ( courge, asperges, oignon, artichaut… ), et 1 belle part de pissaladière. Oui, oui! Tu as bien lu! J’ai mangé de la tarte! Avec de la pâte!

Je ne sais même plus à quand remontait ma dernière part de tarte avec pâte.

Si j’ai réussi à la savourer sans culpabilité ni crainte, c’est tout simplement parce que celle-ci ne contenait pas de farine. Faite de graines, elle était parfaite pour moi! Et tellement délicieuse en plus.

 

Mon aventure végétarienne au restaurant Le Balagan

 

Comme je venais de bien me régaler, je m’suis dit qu’il fallait que je continue comme ça et que pour une fois, je tente un dessert.

Encore une fois, le patron a eu la gentillesse de tout me décrire ( Merci beaucoup ! ). Et là, bonheur! Pas de farine non plus! Des gâteaux aux légumineuses et des tartes avec la même pâte que pour les versions salées ! Yes! A moi la gourmandise!!!

Moi qui ne pensais prendre qu’une part, j’ai fini par choisir l’assortiments de desserts : 1/2 cookie, une part de tarte aux pommes, du gâteau au chocolat et de la salade de fruits frais sans sucre ajouté. Parfait! Savoureux! Impeccable!

 

Mon aventure végétarienne au restaurant Le Balagan

 

Tu vois maintenant pourquoi j’ai pris le temps de t’écrire un article sur Le Balagan. Non seulement pour les personnes comme moi, qui ont des TCA, c’est le restau idéal, mais en plus il est végétarien, avec aussi des plats sans gluten ou vegan. Le lieu est agréable et le personnel hyper souriant et aux petits soins avec les clients. Je le redis, mais tout est fait maison et excellent. Sans parler du rapport qualité / prix, qui permet de manger sainement pour un budget très correct.

En plus, il est possible de se faire livrer ( dans un rayon de 3km ).

Le site du Balagan

Le compte Instagram

Ouvert du lundi au vendredi, de 8h à 16h.

J’étais tellement mieux sans elle

 

J'étais tellement mieux sans elle

 

Elle est entrée dans ma vie sans que je ne le veuille…. Sans même me prévenir… Sans me laisser une chance de lui claquer la porte au nez….

Elle, c’est Ana.

Une petite peste qui se cache désormais dans ma tête et ne veut plus me quitter. Pourtant ce n’est pas faute d’essayer de lui faire comprendre que je suis bien mieux lorsqu’elle me fiche la paix. Mais elle a décidé de rester là, de s’incruster pour un bon moment et de ne pas m’abandonner aussi facilement.

Vivre avec cette colocataire est un véritable enfer. C’est comme avoir un petit démon enfermé dans mon crâne, qui joue avec moi comme avec une marionnette. Je suis son pantin… La majeure partie du temps, elle tire les ficelles de ma vie, et décide pour moi. Sachant très bien qu’elle me fait souffrir. Que ses choix ne sont pas les bons et qu’ils risquent de m’être fatals si je ne parviens pas à lui résister.

Avant de la rencontrer, j’étais certaine que je ne pourrais m’aimer qu’une fois que j’aurais perdu pas mal de kilos. Je rêvais d’une silhouette fine, genre mannequin au ventre extra plat, que l’on peut voir dans tous les magazines, sur les affiches un peu partout dans la ville, ou à la télé. Je me sentais mal dans ma peau, avec mon bidon gonflé, mes cuisses qui se touchaient et mes bras trop potelés.

Alors j’ai fini par me dire qu’il fallait que je me bouge. Que je devais changer. Et je me suis inscrite dans une salle de sport.

J’y passais un max de temps, à dégouliner sur le tapis de course, à regarder un film pour oublier que je pédalais depuis des plombes, à m’acharner sur les différentes machines disponibles…. J’y prenais goût. Et pour cause, mes efforts payaient ! La balance devenait doucement une bonne copine, que je n’avais plus peur de croiser.

J’écoutais les conseils des autres membres de la salle, qui m’expliquaient comment m’alimenter…. Que je ne devais surtout plus manger de fruits le soir, ni de féculents…. Que la viande rouge était mauvaise pour ma perte de poids…. Qu’il fallait que j’avale de la whey et des pots entiers de fromage blanc…. Que même une salade pouvait détruire tout ce que je faisais, à cause de la vinaigrette qu’elle contient.

Bref….

Tous ces ptits tuyaux se sont gravés en moi, me marquant à jamais…

Une invitation pour Ana…

Ce sont les questions que j’ai pu recevoir sur instagram par la suite, qui m’ont plongé plus loin dans les ténèbres de cette maladie. L’une d’elle revenant en boucle : combien de calories manges-tu par jour?

Je n’en savais rien…

Mais à force que l’on m’en parle, je me suis posé la même question…. J’ai donc commencé à peser tout ce que j’avalais, notant tout au gramme près, même la moindre olive, pour faire la chasse aux calories. Ca ne devait durer qu’un mois. Un tout petit mois. Juste le temps de me faire une idée.

Ana naissant doucement, lorsque le mois toucha à sa fin, cette petite peste m’a soufflé à l’oreille qu’il pourrait être sympa de continuer sur ma lancée. Après tout, grâce à mes calculs de mathématicienne, j’arrivais à bien plus brûler de calories que ce que j’en consommais. Parfait pour ma pote la balance.

Un peu après, le Chéri a dû se faire hospitaliser. Je me retrouvais donc seule à gérer la maison, les gremlins, leurs devoirs, mon travail, mon blog, le sport et mon auto entreprise de l’époque. Je courrais tout le temps, préparant les repas des enfants pour qu’ils puissent manger avec lui à l’hosto, mais aussi ceux de l’Homme qui n’aimait pas ce qu’on lui servait là bas, ainsi que quelques douceurs pour son collègue de chambre.

Nous devions prendre un bus et un tram, pour faire nos allez – retours entre l’hôpital et la maison, ce qui nous faisait rentrer tout juste pour que les nains puissent se doucher et foncer se coucher. Ne me restait plus qu’à faire la vaisselle et sauter à mon tour dans la baignoire.

Ana en a donc profité pour me faire oublier ma faim…

J’étais bien trop fatiguée pour me mettre en cuisine pour moi même…. Je terminais tout ce que j’avais à faire vers 1 ou 2h du matin, ce qui me poussait à n’avaler que quelques bouchées de pas grand chose, pour finir par me mettre au lit. Il m’arrivait même de ne rien manger du tout, préférant refaire une séance de sport plutôt que de perdre mon temps à m’alimenter.

La peste avait bien fait les choses. Elle avait déposé ses valises et commencé à virer mes affaires de ma tête pour les remplacer par les siennes.

Moi, je ne m’en rendais pas compte….

Je ne dormais plus que 4 à 5h, j’absorbais le minimum vital, je bougeais bien trop, mais je me sentais bien. Trop bien. Si forte de réussir à tout contrôler de la sorte… De pouvoir contrôler mon corps, en zappant les cris de mon estomac et en poussant de plus en plus mes limites, au point que la balance s’emballait… Les chiffres diminuaient si vite… Et moi j’étais si fière….

Merci Ana…. Merci petit démon….

Grâce à elle, je ne suis plus normale…. Je ne vis plus…. Je survis….

Elle m’a plongée dans le sombre monde d’Hadès et j’ai beau lutté de toutes mes forces, je n’arrive pas à m’en échapper.

Parfois je pense avoir pris le dessus. Avoir réussi à reprendre les rênes de mon existence. Mais ce n’est qu’illusion… Elle revient de plus belle me gâcher la vie, m’imposant ses raisonnements sans queue ni tête… Me torturant un peu plus chaque fois….

Le plus dur dans tout ça, c’est de se sentir seule…. Seule dans ce combat que je dois mener jour après jour, heure après heure, minute après minute…. Car personne ne peut comprendre ce que je subis…. J’ai beau tenter de l’expliquer, les gens ne peuvent pas comprendre….

Comment le pourraient-ils?

Moi même je sais parfaitement que mes actes sont absurdes… Que tout cela n’est pas normal…. Que j’ai un problème….

Je n’arrive pas à manger << correctement >> si mon entourage ne mange pas en même temps que moi…. Si je dois manger seule, je ne vais avaler qu’une pomme ou un yaourt…. J’ai une peur panique face aux féculents et légumineuses, à tel point que je peux en avoir la nausée…. J’angoisse si je ne mange pas à heures à peut près fixes…. Et si j’ai dépassé ces horaires, je vais m’empêcher d’avaler quoique ce soit hormis du thé, même si j’ai faim… Je ne consomme presque plus de produits du commerce. Je fais tout moi même…. Je galère du coup à trouver ce que je pourrais manger dans un restaurant ou chez des amis…. Et j’en passe….

Tous ces TCA me collent à la peau et ne me quitteront surement plus jamais…. Même si je parviens un jour à virer Ana, je sais qu’elle me laissera en cadeaux des séquelles….

Mais je me bats tout même contre elle. Je lutte. Je vais de mini victoire en mini victoire. Chaque micro pas en avant est important.

D’ailleurs, depuis plus d’un mois, j’ai réussi à abandonner ma montre connectée et à largement diminuer mon activité physique. Terminé mon obsession des kilomètres parcourus dans une journée. Ne plus me forcer à réaliser tel nombre de pas par jour est un immense soulagement. J’ai plus de temps pour moi et je dors plus puisque je ne me lève plus des heures avant la tribu pour m’activer pendant qu’ils pioncent encore. Le revert de la médaille, c’est que désormais mes jambes me portent à peine. Elles sont sans cesse douloureuses et j’ai bien du mal à marcher. Mais je fais avec…. Ou plutôt sans….

Ca reviendra à la normale un jour…. J’espère….

En attendant, je me bats contre Ana… Ma coloc…. Ma peste…. Mon démon…. Ma maladie…. L’anorexie….