Les Animaux Fantastiques 2 : totalement magique

Les Animaux Fantastiques 2 : totalement magique

Norbert Dragonneau alias Salem Cosplay, au Hero Festival

 

Hier j’ai eu la chance de pouvoir assister à l’avant première du deuxième opus des Animaux Fantastiques, à savoir Les crimes de Grindelwald, dont le réalisateur est David Yates ( qui a aussi réalisé le premier, ainsi que certains Harry Potter, mais aussi Tarzan ).


Pas de panique, je ne compte pas te spoiler le film, juste te donner à chaud mon ressenti.


En fan d’Harry Potter, que ce soit en livres ou sur écran, j’avais bien accroché avec Les Animaux Fantastiques 1.
Du coup, j’étais au taquet quand j’ai su que j’allais voir le second. Une vraie môme surexcitée toute la journée… 


Et je dois dire que je n’ai pas été déçue. 


Dès les premières scènes j’ai eu l’impression de retrouver de vieux amis. 


Norbert, Jacob, Queenie et Tina nous embarquent dans de nouvelles aventures, toujours ponctuées de séquences amusantes, contrastant avec l’univers sombre dans lequel on retrouve Grindelwald.
Les personnages ont évolué, et on en apprend plus non seulement sur ce qui leur est arrivé après le précédent film, mais aussi sur leur passé.


Passé qui est d’ailleurs le thème principal de cet épisode, puisque Croyance est à la recherche de ses origines. Mais je ne t’en dis pas plus…


En ce qui concerne les acteurs, rien à redire, ils incarnent tous à la perfection leurs rôles. Eddie Redmayne est toujours aussi doué pour paraître intimidé, réservé et mal à l’aise lorsqu’il est confronté à d’autres personnes. Alors qu’avec les créatures, il s’ouvre et arrive à extérioriser ses sentiments. Johnny Depp nous offre un Grindelwald calculateur, extrêmement persuasif, dans lequel on détecte quelques mimiques à la Jack Sparrow. Et Jude Law fait un jeune Dumbledore tout à fait convainquant. Mais pour moi, c’est Ezra Miller qui a le mieux permis à son personnage de << grandir >>. Croyance fait moins enfant apeuré, même s’il est toujours très torturé.


De nouveaux personnages apparaissent, comme Theseus, le frère de Norbert ou encore Leta Lestrange, ce qui ajoute des péripéties à l’intrigue. Ainsi que des créatures surprenantes, et / ou attachantes. Je regrette un peu que l’on ne voit pas plus longtemps les bébés Nifflers. Je les trouve si mimis.


Les décors et effets spéciaux sont grandioses, surtout en 3D. On en prend plein les yeux et cela dès les premières minutes du film.


Mais le must, c’est la fin. Cette fin ! Non mais quelle tuerie ! Comment mieux nous motiver à voir le troisième volet ?!

Sauf que pour le moment, celui-ci n’est prévu que vers 2020…

Vivement !


Anorexie, pourquoi en parler

Anorexie, pourquoi en parler

 

Dernièrement j’ai été très touchée d’apprendre qu’à force de lire mes posts, de suivre mon compte, une jeune femme s’était aperçue qu’elle aussi souffrait de TCA.

Comme moi, elle n’avait pas écouté ce que lui disaient ses proches, son entourage et elle avait nié pendant un moment l’état dans lequel elle avait doucement plongée.

Savoir que désormais, elle a mis le doigt sur ce problème et qu’elle va pouvoir tout faire pour reprendre sa vie en main et lutter, me donne le sourire.

Bien évidemment je ne suis pas heureuse de savoir qu’elle aussi, malheureusement est atteinte du même trouble que moi. Je ne souhaiterais pas cela à mon pire ennemi. Je suis tout simplement contente de savoir qu’elle va pouvoir se reconstruire et éviter de descendre plus bas dans cet enfer.

C’est exactement pour cette raison, que j’ai décidé de parler à cœur ouvert de ma maladie, de mon état, des moments où je vais bien, mais aussi de ceux où je vais mal… De tout ce qui fait qu’il ne faut surtout pas finir dans l’anorexie.

Au départ je me disais qu’il valait mieux cacher cette partie de moi. Faire semblant… Sourire à longueur de temps et ne publier sur Instagram que les bons jours, que des photos enjouées…

Mais dans quel intérêt ? Pour me cacher ? Pour me préserver ? Par peur du regard des autres, des critiques, de ce que l’on va penser de moi… Mais n’est-ce pas déjà ce regard des autres, cette crainte du monde extérieur, de ne pas plaire, de ne pas rentrer dans le moule qui m’a fait tomber aussi bas ?

Parce que j’avais honte ?

Oh oui j’ai honte, tellement honte… Honte de moi quand je bloque dans un magasin, dans une boulangerie, dans n’importe quel rayon alimentaire… Au restaurant parce que je mets des heures à choisir ce que je vais peut-être réussir à manger… Lorsque je vois ma famille attendre que je finisse par me décider…

Mais aujourd’hui je suis fière, fière de de savoir que cette jeune femme, un peu grâce à mon vécu que je partage, va retrouver une vie plus normale.

 

Anorexie, pourquoi en parler

 

On ne devrait pas avoir à cacher sa maladie. Si les gens autour de nous étaient mieux informés, ils pourraient peut-être plus facilement nous comprendre ou du moins anticiper nos réactions, et notre comportement. A chaque fois que je vais dans un restau ( ce qui est très rare ) je me souviens de ce couple qui un jour, dans un Buffalo Grill où tout était allé de travers, m’avait dit << On ne va pas au restaurant quand on est malade, on reste chez soi >>. Belle mentalité…. Combien de personnes devraient alors se morfondre chez elles?

La société aime coller des étiquettes. Elle aime classer les gens. Du coup on imagine que les anorexiques sont principalement des jeunes filles, des ados, mal dans leur peau à cause de la puberté. Que forcément elles sont extrêmement maigres et se font vomir régulièrement. On a beaucoup plus de mal à imaginer qu’un homme ou même une mère de famille puisse être atteint de ce trouble.

Le pire c’est que l’on ne voit pas tout ce que cela entraîne, toutes les autres maladies liées à l’anorexie. Comme par exemple l’orthorexie qui oblige la personne qui en souffre à tout contrôler, à ne manger que des aliments jugés extrêmement sains et à se dépenser physiquement à chaque bouchée avalée. Ou encore la potomanie dans laquelle on tombe doucement à force de boire des litres d’eau ou de thé pour contrer sa faim. Une autre astuce souvent mise en place pour duper son estomac étant le masticage de chewing-gum, qui nous faisant avaler de l’air, gonfle ensuite l’estomac et renvoie à nouveau une image déformée qui n’aidera pas les anorexiques. Un cercle vicieux.

Sans oublier l’ostéoporose, les jambes si douloureuses, le corps si fragile… L’insomnie… La fatigue… Le cerveau qui se met au ralenti et nous empêche de nous concentrer sur quelque chose ( adieu cinéma, livres, coloriage). Le cœur qui déraille… Les cheveux que l’on perd par poignée et les ongles qui se cassent tout le temps… Les hormones complètement détraquées…

Le moindre acte est très compliqué pour les anorexiques. Il faut tout anticiper et si un imprévu arrive cela peut être la catastrophe. Un mini changement dans le planning et ça peut finir en drame, plongeant la personne dans la dépression.

Du coup on s’éloigne des autres et on finit par être seul. On ne veut pas imposer tout cela à ses amis. On préfère ne pas leur compliquer la vie.

Dernièrement je suis partie en weekend avec ma famille dans un petit village totalement perdu, à l’écart de tout. Il a fallu faire une heure de route pour trouver un petit magasin de proximité. Mais une fois sur place, grosse panique pour moi car il n’y avait absolument pas de produits frais, ni légumes, ni fruits. Comme je ne mange presque que ça, je me suis retrouvée dans un sale état à errer de rayon en rayon, en essayant de trouver comment j’allais pouvoir m’alimenter. J’étais à deux doigts de m’effondrer, ce que finalement j’ai fait une fois rentrés dans la maison que nous louions.

Personne ne peut s’imaginer à quel point le quotidien peu vite devenir pesant dans de telles situations. Pour soi, comme pour les autres.

Voilà pourquoi je tiens tellement à ne pas camoufler les mauvais côtés de ma vie. Je veux que l’on sache ce qui se cache derrière l’anorexie. Je veux que l’on arrête de croire qu’il ne s’agit que de nourriture. Qu’en dehors du blocage devant l’assiette, il y a tout un monde.

 

Anorexie, pourquoi en parler

Je suis donc très heureuse de pouvoir bientôt aider l’association Keys, créée par Alexia Savey, lors d’un parcours d’éclosion qui aura lieu à Marseille en 2019 et qui aura pour but d’offrir une journée merveilleuse à des jeunes femmes qui ont besoin de soutien.

Informations sur l’association Keys

Qu’est-ce que le Parcours d’éclosion?

 

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Découverte de mon Egowoman ( + CONCOURS )

Découverte de mon Egowoman ( + CONCOURS )

 

Egoman et Egowoman, tu connais ?

Des noms de Super Héros, qui pourtant ne sont pas si géniaux que ça. Des noms tout droit sortis d’un comics ou d’un dessin animé, qui pourraient faire rêver les gamins.

Ces personnages, je viens de les découvrir au travers du livre << Le jour où je me suis aimé pour de vrai >> de Serge Marquis ( spécialiste de la santé mentale au travail ).

Avant de te donner mon avis et de te présenter plus en détails Monsieur et Madame Egoman, laisse moi au moins te faire un rapide résumé de cette histoire.

Ce livre me fait doucement penser à un journal intime…. Ou au regroupement des pensées et souvenirs d’une femme, Maryse.

Cette neuropédiatre, pour qui le travail est en tête sur sa liste de priorité, est passionnée par ses recherches sur le cancer. Mais pas forcément pour de bonnes raisons…. Ce qui l’intéresse le plus, c’est avant tout sa carrière et le moyen d’être reconnue, d’être mise sur un piédestal. Elle veut que l’on sache qu’elle est au dessus de tout le monde, bien plus brillante que le commun des mortels. Elle sait facilement prendre les gens de haut et leur imposer le silence rien qu’en entrant dans une pièce, juste par l’aura qu’elle dégage. Dotée d’un pouvoir de séduction assez fort et de jambes interminables, elle n’a aucun doute sur le regard que les hommes peuvent poser sur elle. Un jeu qui l’amuse…

Seulement Maryse Du Bonheur a une légère épine au pied. Son fils, Charlot, n’est pas assez grand ni assez beau à ses yeux. Il a plus l’allure de Chaplin, au grand désespoir de sa mère qui en est gênée. A tel point qu’elle ne sait même pas comment réagir lorsqu’il ose lui demander si elle le trouve beau.

A 9 ans à peine, Charlot a déjà des tas de questions qui lui trottent dans la tête. Mais il ne s’agit pas des mêmes préoccupations qu’ont les enfants de son âge. Lui, il est absorbé par l’ego. Il veut le comprendre, savoir clairement de quoi il s’agit et comment s’en débarrasser.

Sa mère étant bien trop occupée pour lui répondre et ne voyant de toute façon pas vraiment quoi dire, Charlot va alors se lancer à la poursuite d’Egoman.

Dans ce livre, nous suivons donc les souvenirs de Maryse Du Bonheur, nous livrant un long moment de sa vie, et qui se retrouve un jour confrontée à ce fils qui ne la satisfait pas pleinement et qui lui pose beaucoup trop de questions. Au fil des pages, les jours d’effilent, nous permettant de découvrir cette femme extrêmement narcissique, qui veut toujours tout, ne laissant que peu de place aux autres dans sa vie. Soyons clairs, Maryse ne pense qu’à elle et à sa réputation, même lorsqu’elle va apprendre que son fils est gravement malade. Que vont penser les gens? Que va-t-elle bien pouvoir faire avec un gamin aveugle? Alors que d’autres parents auraient de suite eu de la peine, de la douleur ou de la compassion pour leur enfant, Maryse, elle, ne voit que ce que cette nouvelle va lui imposer à elle.

C’est son Egowoman qui parle. Cette part d’elle qui l’empêche de vivre sa vie pleinement.

Mais qu’est ce donc concrètement que l’ego? Pas évident de l’identifier… C’est sur ce point que l’auteur nous demande de réfléchir, nous invitant à nous remettre en cause tout au long de notre lecture. Tout en pointant du doigt des thèmes comme la maladie, l’intolérance, l’abandon

Moi même, même si je n’ai pas le sentiment au départ d’être aussi égocentrique ou insensible que Maryse, j’ai rapidement constaté que telle pensée ou telle situation faisaient partie de ma personne. Egowoman a pris l’habitude de me faire endosser différentes rôles, cherchant à plaire aux autres. Être plus mince, plus musclée, plus jolie pour rentrer dans les stupides critères imposés … Courir sans arrêt et accumuler les taches pour avoir l’air de la maman idéale… Me sentir blessée par certains commentaires sur les réseaux sociaux, alors que je devrais franchement m’en moquer… Un besoin maladif d’être quelqu’un, d’être vue, de prouver que j’existe, qui finalement m’aura réellement rendue malade.

Mais grâce à ce livre, je prends du recul et je me dis désormais que je dois revenir au moment présent et ne pas laisser cet ego pourrir ma vie.

J’ai compris que je ne suis pas anorexique. Egowoman ne me fera plus porter ce nom comme une étiquette histoire d’ajouter une autre personnalité sur mon être. Je suis juste atteinte d’anorexie, ce qui si tu lis ce livre, te semblera bien différent.

Pour conclure, même si j’avoue avoir eu du mal au départ à me plonger dans les premiers chapitres, à cause du côté trop froid et cliché de cette mère, ainsi que l’idée de cet enfant surdoué posant des questions si compliquées pour son âge ( même une adulte lambda ne passe pas des années à se focaliser sur ce qu’est l’ego), j’ai fini par dévorer ce bouquin de développement personnel, grâce auquel je vais essayer d’oublier un peu mon << je >>, pour privilégier l’instant présent et l’amour.

Ami lecteur, si tu décides de le lire, je te promets que tu n’en ressortiras pas indemne.

 



 

Que dirais-tu de remporter un exemplaire de ce super bouquin?

Mieux encore! Que dirais-tu de pouvoir rencontrer l’auteur, Serge Marquis, lors d’une grande conférence, qui se déroulera le 25 mai à partir de 19h, dans le 14ème à Paris ?

Soit 2 lots en jeu !

 

 

Pour participer, il te faut :

Tu peux inviter autant de monde que tu le souhaites, sachant que 1 ami invité = 1 commentaire = 1 chance 

Le concours prendra fin le 18 mai à minuit.

Bonne chance

Quasimodo, mon ami

 

Quasimodo, mon ami

 

Une sale journée…. A nouveau….

Une journée << shopping >> qui s’est transformée en supplice… En calvaire… En enfer….

Quand j’entends les gens dans les boutiques, se plaindre qu’il n’y a ait encore que des petites tailles, je ne peux m’empêcher intérieurement de rire. Moi aussi, il y a peu je réagissais de la même façon…. Moi aussi je pestais sur ces fichues tailles S ou 38 qui se répandaient dans les rayons. Seulement maintenant, je connais l’envers du décor…. Je sais ce que cachent ces lettres et ces chiffres….

En effet, je dois reconnaître qu’il est plus sympa de faire les magasins, lorsque l’on sait que l’on va facilement rentrer dans les fringues. Que l’on aura pas besoin de tester 3 tailles différentes avant de trouver le pantalon qui nous convienne.

 

Quasimodo, mon ami

 

Et pourtant….

Si notre société nous donne l’impression qu’il est plus gratifiant de se pointer aux cabines d’essayage avec une robe en XS ( taille finalement pas si simple que ça à dénicher, je peux te l’assurer ), faire de même avec un soutiens-gorge est une véritable honte et un énorme défis.

Devoir interpeller une vendeuse pour savoir si elle a du bonnet A est une pure humiliation. En être à se dire que bientôt ta propre môme aura plus de poitrine que toi est une torture….

Alors imagine ce qu’à pu être cette journée que je viens de vivre, à tenter désespérément de trouver un maillot de bain pour notre futur voyage….

Ma maladie m’a tout pris…. Rayant de mon corps non seulement les kilos en trop et ceux vitaux, mais aussi mes seins et mes fesses. Détruisant toute part de féminité….

Pourtant, m’étant rendue compte à temps de la situation dans laquelle je suis, à savoir l’anorexie, je ne suis pas descendue assez bas pour que les gens prennent réellement mon cas au sérieux.

Je ne suis pas le stéréotype que l’on imagine de l’anorexique basique. Non…. Je ne fais pas 36kg, je n’ai pas le visage et le corps trop squelettique, et je n’ai pas d’immenses cernes….. Car soyons honnêtes, voilà le portrait que tout un chacun se fait d’une anorexique.

D’ailleurs quand il m’est arrivé de dévoiler mon problème à quelques personnes, bien souvent on m’a répondu << Ah bon? Ca ne se voit pas pourtant! >>.

Bah ouais…. Mais peut être est-ce parce que je sais cacher mon corps ou le mettre un peu en valeur. Que j’ai pris l’habitude de choisir mes tenues soigneusement, en fonction du lieu et du contexte dans lequel je vais me retrouver. Sachant qu’avec telle personne je me sentirais plus à l’aise de me dévoiler légèrement….

 

Quasimodo, mon ami

 

La semaine dernière, je devais passer un examen avec un chirurgien, suite aux nombreux problèmes que me causent mes jambes. Ces jambes dont les chevilles n’arrivent même plus à porter mes chaussures au point de me donner la sensation qu’elles sont en plomb…. Bref… Ce cher homme, m’a demandé pourquoi je venais le consulter. En lui tendant la lettre rédigée par mon généraliste ( qui m’avait recommandé ce dernier ), je lui explique mes TCA et le fait que l’on vient de me diagnostiquer de l’ostéoporose. Ouais…. 32 ans et me voici déjà avec cette pathologie de vieux….

Sa réaction ne s’est pas faite attendre : << Vous? Anorexique? Pourtant vous êtes très bien! >>.

Cette simple phrase pourrait surement être un compliment pour n’importe qui de << normale >>. Seulement dite à quelqu’un qui cohabite avec Ana, c’est juste destructeur. Dans un premier temps, je n’ai pas réagi. N’étant plus dans le déni, je pensais que ces mots n’allaient pas me toucher. Qu’ils glisseraient. Mais une semaine après, je me rends compte qu’ils sont toujours dans ma tête et qu’ils vont y rester un bon moment.

Car de telles paroles me font culpabiliser. J’ai l’impression que l’on doit se dire que j’affabule…. Que je n’ai rien… Que je fais un petit caprice pour que l’on me regarde, alors que je pourrais manger normalement sans souci… Que je tente de prendre la place d’une << véritable >> anorexique, comme on prendrait la place de stationnement d’un handicapé sans en avoir le droit.

Même culpabilité lorsque, partant d’une bonne intention, lors d’un repas, on me sort << Tu as bien mangé ! >>. Je sais que ce n’est pas méchant, et qu’au contraire ces mots sont positifs et plein d’encouragements…. Sauf que dans mon esprit, ils se transforment en << Tu as trop mangé ! >>. Stupide hein! Mais que veux-tu, la Peste me fait réagir bêtement. Ces quelques mots me donnent eux aussi le sentiment d’être dans l’imposture… Une pâle copie d’une vraie malade… Car bien souvent, les gens qui me disent ça ne me voient que dans un bon jour, où j’ai prévu d’aller manger avec eux…. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’il m’a fallu des jours voire des semaines de préparation pour anticiper cet instant hors de ma zone de confort. Ils ne savent pas que je me suis privée sur plusieurs repas. Ni que oui, je vais réussir lors de cette sortie à manger un peu plus que d’habitude, mais que le ou les repas suivants, je vais me restreindre encore plus. Ou fut une époque, compenser physiquement ( 4 mois et 3 semaines aujourd’hui que j’ai dit adieu à ma fitbit ! ).

Donc non, désolée…. Je n’ai pas bien mangé…. J’ai juste pour une fois, nourri un peu plus mon corps, passant du stade d’absorption minimale d’aliments pour survivre à une quantité d’une personne au régime….

Ces personnes ne savent pas que j’ai tellement honte et peur de retourner me resservir une deuxième, troisième ou quatrième fois. Que lorsque elles, décident de ne plus rien avaler, moi j’angoisse et me bloque pour ne pas reprendre quoique ce soit, car je me dis que si elles n’ont plus faim, ce doit être pareil pour moi. Sauf que là, encore, tout est différent…. Toi, vous, eux… Avez pu manger de tout, y compris des aliments qui tiennent au corps et donnent de l’énergie. Moi, je me suis servie 3 ou 4 fois des crudités…. Un peu de protéines peut être…. Mais c’est tout…. Alors bien entendu, après mes 3 cuillères à soupe de tomates, mes 6 radis et la cuillère à café de houmous, mon estomac réclame plus…. Toujours plus…. Mais moi, je continue à le faire passer en mode survie….

Je ne l’écoute pas…. Trop de culpabilité…. Trop de honte…. Trop de remise en question…. << Elle?! Anorexique?! Mais elle se fiche de nous! Regarde combien d’assiettes elle a englouti! Ce n’est qu’une menteuse…. Elle se joue de nous….>>

 

Quasimodo, mon ami

 

Seulement aujourd’hui, face à mon reflet dans le miroir des cabines d’essayage, j’ai craqué….. J’ai fondu en larmes….

Les paroles d’une des chansons du Bossu de Notre Dame, de Disney, me sont revenues en tête…. Tu es difforme…. Je suis difforme…. Et tu es très laid….. Et je suis très laid…. Ce sont des crimes aux yeux des Hommes qui sont sans pitié….

Car oui… Je suis difforme…. A tel point qu’il m’a été impossible d’acheter un maillot. Impossible d’envisager pouvoir me montrer comme ça à la plage…. Mon reflet m’a renvoyé en pleine figure ce dos où ma colonne est si marquée que depuis plusieurs mois j’appelle ça << mon dos de dinosaure >>… ( Les enfants regardez! Maman est devenue un stégosaure ! Elle est pote avec Denver ! )…. Cette poitrine qui n’existe plus que dans mes souvenirs et qui a laissé place à deux morceaux de peau qui pendouillent, au dessus desquels ont peut admirer ma clavicule et les os de mon thorax…. Ces fesses flasques, qui font des plis….

Mais le pire, je crois….

C’est ce ventre…. Cet saleté de ventre, qui au lieu d’être plat ou creusé, comme on l’imagine chez une anorexique, est si gonflé que l’on pourrait croire que je suis enceinte…. Pas de poitrine et un ventre proéminent, voici le combo parfait pour vouloir abandonner ses recherches et foncer se cacher sous un gros pull….

Pourtant je sais bien que ce ventre est comme ça, à cause de la rétention d’eau. Que mon corps pour survivre, a pris l’habitude de digérer plus lentement de façon a puiser au maximum l’énergie des aliments que j’avale. Que du coup après chaque repas, il se gonfle, mais finira par se calmer… Je sais tout ça. Sauf que dans ces moments là, je rêve de pouvoir le faire éclater avec une aiguille, comme un ballon de baudruche…

Et mon reflet, lui, il ne le sait pas…. Tout comme les gens, qui profiteront du soleil à la plage, ne le savent pas non plus….

Quasimodo, mon ami

 

J’en viens donc parfois à me dire que si je n’avais pas pris conscience de mon état aussi tôt, que j’étais descendue plus bas, on prendrait peut être mon cas plus au sérieux…. On ne remettrait pas en cause les symptômes que je décris, ni les douleurs que je subis toute la journée, du matin au soir….

Pourtant ce n’est pas une solution…. Je veux retrouver mon corps…. Le ré-apprivoiser…. Ne plus me cacher…. Ne plus avoir honte…. Ne plus dissimuler mon horrible dos à mon époux et à mes enfants, car je crains de les effrayer…. Car j’ai peur de lire du dégoût dans leurs regards…. Je veux revivre…. Je veux vivre….

 

Quasimodo, mon ami

 

Celle qui a dit fuck

Non mon ami, je n’ai pas décidé de devenir malpolie. Non je ne crache pas par terre en insultant les passants dans la rue.

J’ai juste compris grâce à un bouquin qu’il est parfois bon, voire indispensable de savoir dire Fuck à la vie.

 

Celle qui a dit fuck

 

Ce livre << Celle qui a dit fuck >>, je l’ai déniché dans le coin développement  personnel de chez Cultura. Avec sa couverture girly et son titre accrocheur, il m’a de suite attirée.

 

Écrit par deux sœurs, Anne-Sophie et Fanny Lesage, ce journal intime bourré d’illustrations comiques ( par Léna Piroux ) est une mine de conseils pour apprendre à lâcher prise.

 

Ce qui m’a beaucoup plu ici, c’est que nous ne sommes pas en présence d’un de ces manuels de coaching habituels, rapidement barbants, mais d’un roman agréable à lire, dans lequel l’héroïne confie ses pensées à son journal. C’est donc très fluide.

On se prend vite d’affection pour Alice, cette jeune femme imparfaite, décrite par ses proches comme étant << attichiante >>, qui nous entraîne dans ses délires, ses doutes, ses angoisses et petits tracas du quotidien.

La trentaine, sans enfant, un boulot qui ne lui convient pas si bien que ça, elle passe son temps à bien trop cogiter et à ruminer. Comme moi, elle est incapable de fermer les yeux à peine la tête sur l’oreiller car elle ne parvient pas à mettre son cerveau en pause. Elle va refaire mentalement la liste de ce qu’elle a encore à faire, de ce qu’elle doit acheter… Réfléchir à ces petites remarques qu’on a pu lui faire, ou qu’elle aura pu mal interpréter pour ensuite s’imaginer tout un tas de scénarios plus fous les uns que les autres sur les potentielles suites que ça pourrait probablement causer si jamais peut être dans l’éventualité…….

Ce qui au final, fait d’elle une personne stressée et incapable de se satisfaire de ce que la vie lui apporte et souvent jalouse. Profiter du moment présent, elle ne sait pas vraiment ce que cela signifie, ou du moins, elle ne sait pas comment le faire.

Elle se met la pression à longueur de journée et est si exigeante avec elle même, qu’elle finit par avoir le sentiment d’être nulle dans tout ce qu’elle entreprend.

 

Celle qui a dit fuck

 

C’est pourquoi un jour, se rendant compte que tout ça n’est plus possible et qu’elle a besoin de se remettre en question pour être bien dans ses pompes, Alice décide de << dire fuck >> à tous ces petits tourments.

Elle se plonge dans une enquête digne de Columbo, pour mettre la main sur le Bonheur et note durant un an dans un journal tout ce qu’elle va découvrir. Coucher noir sur blanc ses idées, mais aussi ses coups de cœur et ses coups de gueule, va lui permettre de prendre doucement du recul. Un bon moyen d’extérioriser.

Moi-même désormais, je me suis mise à l’écriture thérapeutique. Quand j’en ressens l’envie ou le besoin, je note tout ce qui me vient par la tête, de façon à vider mon sac mais aussi à me retrouver un instant seule avec moi-même. Je me suis aussi acheté un carnet du Bonheur, dans lequel plusieurs exercices d’écritures sont regroupés. Une véritable échappatoire, qui me permet de faire le point sur le passé et d’envisager l’avenir d’un œil plus positif. N’hésite pas cher lecteur, à fouiner sur le net pour trouver des exos, il y en a plein.

Armée donc de son << fuck it board >>, Alice en vient à se demander quand, comment et à qui ou quoi, elle doit dire fuck. C’est avec humour et légèreté qu’elle va se livrer, montrant qu’elle est une jeune femme normale, ni bombasse, ni intello, mais pas pour autant insipide. Juste une nana avec des rêves, qui peut se retrouver dans de drôles de situations, mettre les pieds dans le plat et faire de sacrées gaffes. Bref, Alice, c’est moi, toi, elle ou lui….

 

Celle qui a dit fuck

Et grâce à un groupe, style alcoolique anonyme, non seulement elle va découvrir qu’il n’y a pas qu’elle qui souffre d’IPSF ( intellectualisation par pensée sans fin ), mais en plus elle va apprendre quelques astuces pour remédier à ses troubles ( et nous en faire part ).

C’est décidé, elle va vivre sa vie pour elle, être plus indulgente avec elle même et croire un peu en elle ! C’est décidé je vais vivre ma vie pour moi, être plus indulgente avec moi même et croire un peu en moi!

Et toi, que décides-tu?

Ces jours où…

Ces jours où...

L’anorexie, c’est se retrouver avec des hormones totalement détraquées. Des hormones qui oublient que vous êtes une femme et décident qu’il est grand temps pour elles de se la jouer solo, faisant disparaître certains éléments de votre cycle…

Pourtant, même si l’idée de ne plus avoir de règles sans être en pleine grossesse, peut avoir de quoi se réjouir et un sacré côté pratique, d’autres symptômes peuvent venir tout gâcher. Ils mettent même en danger la victime de cette peste d’Ana.

Ces jours où…

Ces jours où même si je sais que je ne suis pas énorme, comme se l’efforce de me le faire croire cette fichue diablesse, je me prends tout de même pour la réincarnation de Moby Dick…
Ces jours où mon ventre reste gonflé quoique je fasse et quoique je mange ( ou ne mange pas)…
Ces jours où je ne parviens même pas à le rentrer et où du coup je ne vois plus que lui…
Ces jours où il est si dur qu’il en devient douloureux, au point de m’empêcher de me pencher…

Ces jours là, les petites victoires que je venais d’obtenir dans ma lutte face à ma maladie, s’estompent et s’éloignent dangereusement. Mon cerveau a beau savoir que cette situation va passer, la petite voix, elle, fait tout son possible pour me faire croire que mon combat ne sert à rien. Que mon corps est difforme, obèse, immonde…

Je sais très bien que tout ça n’est que mensonge… Mes ces jours là, mon moral en prend un coup et ma raison aussi…

J’en reviens au point de départ, réduisant les quantités de ce que j’ingère… Évitant de plus belle certains aliments, tout particulièrement ceux que je venais tout juste de réintroduire… Ayant envie de me cacher sous de gros pulls, alors que la veille je me sentais si bien dans ma petite robe…

Ces jours là, ma tête est comme déconnectée. Elle laisse carte blanche à ces saletés d’hormones qui font n’importe quoi.
Et celles-ci s’en donnent à cœur joie. Plus de règles, mais de la fièvre, des nuits d’insomnie, de l’acné comme si j’étais à nouveau une ado, de la rétention d’eau en pagaille, un corps si douloureux que toute position est une torture.

Ces jours là, j’en ai tellement marre d’être moi…

Hygge, ou comment trouver le bonheur à la Danoise

Vendredi 04h58… Au moment où je commence cet article, je vis un instant totalement hyggeligt.

Non, je n’ai pas décidé de communiquer avec des martiens…

Je te parle juste de HYGGE.

Je ne parviens plus à dormir. Impossible. Plusieurs longues minutes que je me retourne dans mon lit. Du coup quoi de mieux que de m’offrir un peu de hygge ?

Je suis seule, enfermée dans ma salle de bain, le mini chauffage et la pendule pour seuls bruits. Le reste de la maison est silencieuse… Tout le monde dort… Moi, je suis plongée dans l’eau bouillante, tranquillement installée dans la baignoire, savourant ces minutes qui s’écoulent. Je lis quelques pages, jusqu’au moment où mes yeux commencent à clignoter doucement, me prévenant qu’ils ne vont pas tarder à se fermer. Alors, je me laisse bercer par Morphée…

 

 

Hygge, ou comment trouver le bonheur à la Danoise

 

Le hygge c’est ça… Des petites choses ordinaires de notre vie, qui nous permettent de nous sentir bien, heureux, détendus et en sécurité… Un sentiment de quiétude et d’exquise allégresse, de légèreté…

Du moins c’est que j’en ai compris au travers des lignes de l’excellent bouquin Le livre du Hygge – Mieux vivre, de Meik Wiking, président de l’Institut de recherche sur le Bonheur de Copenhagen.

Le hygge, qui se prononce hou-ga, c’est se réjouir des choses simples. C’est l’état d’esprit général des pays scandinaves.

Et lorsque l’on prend en compte que les Danois sont les gens les plus heureux du monde, malgré une météo peu favorable chez eux, on n’a franchement qu’une seule envie, apprendre leur méthode.

Chez eux, on évite le stress…. On termine le boulot assez tôt pour pouvoir profiter de ses proches, donner le bain aux enfants, jouer, et dîner tous ensemble…. La famille tient un rôle important voire primordial.

On se construit un petit cercle d’amis ( le hygge serait mieux seul ou à 2, et au maximum à 4 ), avec qui on aime passer son temps, sans se prendre la tête, sans faire de chichis… Avec qui on peut hyggesnakkede pendant des heures ( discussion superficielle en évitant les sujets controversés ), bien installés au coin du feu.

On prévoit des journée cuisine avec les personnes à qui l’on tient, où chacun apporte de quoi préparer un plat / une pâtisserie / un pot de confiture. De cette façon, plusieurs mets sont réalisés et il est ainsi possible soit de se faire avec un bon repas tous ensemble, soit que chaque convive puisse conserver chez lui différents bocaux savoureux. Car les Danois ne voient pas les choses comme nous lorsqu’ils veulent inviter du monde chez eux. Les hôtes ne vont pas passer des heures à cuisiner pour ensuite servir leurs amis. Ils préfèrent largement mettre tous la main à la pâte. C’est bien plus hyggeligt. Plus convivial.

Le hygge, c’est aussi une question de lumière. Peu importe que ce café ne soit pas classé dans les meilleurs, ou que ce qu’il serve ne soit pas au top, du moment que la lumière est convenable, l’endroit sera hyggeligt. Pour être hygge, il faut privilégier la douceur des bougies. Pas de lumière trop vive… L’ambiance n’en sera que meilleure.

Le froid ne motivant pas forcément à mettre le nez dehors, les Danois adorent le fredagshygge et le sondagshygge ( le hygge des vendredis et dimanches). Et je dois dire que j’aime de plus en plus ça moi aussi. Toute la famille pelotonnée sur le canapé, avec de grosses couvertures bien chaudes, des chaussettes épaisses, son hyggebukser ( un vieux pantalon ultra confortable qu’on ne met jamais dehors ), du thé, des gâteaux, des livres, de la musique…. On se détend…. On prend le temps de vivre l’instant présent…. De faire une pause…. D’écouter l’eau qui ruisselle sur les vitres…. Le vent qui souffle au dehors….

Le hygge, c’est le cocooning.

 

Hygge, ou comment trouver le bonheur à la Danoise

 

Mais pas que….

D’autres points sont importants pour ressentir le bonheur Danois.

La gourmandise est de mise. Pas de hygge sans gâteau ou boisson chaude…. Même au travail, les Danois passent leur vie à dévorer des pâtisseries et des confiseries ( ils font d’ailleurs partie des plus gros consommateurs de friandes au monde ). Le Kagemand, un genre de bonhomme en pain d’épices géant, bourré de beurre et de sucre, puis décoré de bonbons et de bougies, est leur idole et s’incruste dans les goûters d’anniversaires. Imagine les festins lors de Noël, le moment de l’année le plus hyggeligt pour eux.

Avec ça, un gros mug de café, de chocolat chaud ou mieux, de glogg ( vin chaud ) est obligatoire.

D’ailleurs, le fait maison est des plus hyggeligt. Il faut de bons petits plats mijotés et réconfortants, tel que le Skibberlabskovs ( ragout à base de poitrine de bœuf ), mais aussi des baguettes enroulées appelées Snobrod.

Ne pas oublier non plus la nature. Le hygge c’est être proche de la nature. Se promener dans la neige en écoutant le craquement que font nos pas dessus… Apprécier la beauté de ce qui nous entoure… Et faire rentrer cette magnifique nature dans son intérieur, en meublant sa maison avec du bois, de la laine, des matières naturelles… Sans se ruiner car la récup est hyggeligt. Il faut se créer un nid douillet, qui donne envie de rester là. Le must étant d’avoir une cheminée mais aussi un hyggekrog, c’est à dire un petit espace confortable, avec des coussins, où l’on pourra se lover et se détendre.

Si les Danois sont tellement heureux, c’est aussi car pour eux, l’égalité va de soi. On ne se met pas en avant. << Nous >> avant << Je >>. Voilà pourquoi ils aiment cuisiner avec leurs proches. Ils se répartissent les taches, tout comme le temps de parole, et trouve cela logique d’écouter les autres plutôt que d’accaparer la conversation.

Bref….

Le hygge, c’est un mode de vie, que l’on partage avec sa tribu, autour d’une part de gâteau et d’un verre de vin chaud, installé confortablement, pour se sentir en paix et en sécurité.

Si toi aussi, tu veux découvrir ce bonheur, rien de plus simple. Allume des bougies, arrête ton pc et ton téléphone, sors un jeu de société ou Le Livre du Hygge de Meik Wiking ( qui pour ma part, m’a apaisé à peine le premier chapitre entamé, et va devenir une référence pour moi ), enfile une tenue confortable avec de grosses chaussettes, et pause toi sous une douce couverture.

J’étais tellement mieux sans elle

 

J'étais tellement mieux sans elle

 

Elle est entrée dans ma vie sans que je ne le veuille…. Sans même me prévenir… Sans me laisser une chance de lui claquer la porte au nez….

Elle, c’est Ana.

Une petite peste qui se cache désormais dans ma tête et ne veut plus me quitter. Pourtant ce n’est pas faute d’essayer de lui faire comprendre que je suis bien mieux lorsqu’elle me fiche la paix. Mais elle a décidé de rester là, de s’incruster pour un bon moment et de ne pas m’abandonner aussi facilement.

Vivre avec cette colocataire est un véritable enfer. C’est comme avoir un petit démon enfermé dans mon crâne, qui joue avec moi comme avec une marionnette. Je suis son pantin… La majeure partie du temps, elle tire les ficelles de ma vie, et décide pour moi. Sachant très bien qu’elle me fait souffrir. Que ses choix ne sont pas les bons et qu’ils risquent de m’être fatals si je ne parviens pas à lui résister.

Avant de la rencontrer, j’étais certaine que je ne pourrais m’aimer qu’une fois que j’aurais perdu pas mal de kilos. Je rêvais d’une silhouette fine, genre mannequin au ventre extra plat, que l’on peut voir dans tous les magazines, sur les affiches un peu partout dans la ville, ou à la télé. Je me sentais mal dans ma peau, avec mon bidon gonflé, mes cuisses qui se touchaient et mes bras trop potelés.

Alors j’ai fini par me dire qu’il fallait que je me bouge. Que je devais changer. Et je me suis inscrite dans une salle de sport.

J’y passais un max de temps, à dégouliner sur le tapis de course, à regarder un film pour oublier que je pédalais depuis des plombes, à m’acharner sur les différentes machines disponibles…. J’y prenais goût. Et pour cause, mes efforts payaient ! La balance devenait doucement une bonne copine, que je n’avais plus peur de croiser.

J’écoutais les conseils des autres membres de la salle, qui m’expliquaient comment m’alimenter…. Que je ne devais surtout plus manger de fruits le soir, ni de féculents…. Que la viande rouge était mauvaise pour ma perte de poids…. Qu’il fallait que j’avale de la whey et des pots entiers de fromage blanc…. Que même une salade pouvait détruire tout ce que je faisais, à cause de la vinaigrette qu’elle contient.

Bref….

Tous ces ptits tuyaux se sont gravés en moi, me marquant à jamais…

Une invitation pour Ana…

Ce sont les questions que j’ai pu recevoir sur instagram par la suite, qui m’ont plongé plus loin dans les ténèbres de cette maladie. L’une d’elle revenant en boucle : combien de calories manges-tu par jour?

Je n’en savais rien…

Mais à force que l’on m’en parle, je me suis posé la même question…. J’ai donc commencé à peser tout ce que j’avalais, notant tout au gramme près, même la moindre olive, pour faire la chasse aux calories. Ca ne devait durer qu’un mois. Un tout petit mois. Juste le temps de me faire une idée.

Ana naissant doucement, lorsque le mois toucha à sa fin, cette petite peste m’a soufflé à l’oreille qu’il pourrait être sympa de continuer sur ma lancée. Après tout, grâce à mes calculs de mathématicienne, j’arrivais à bien plus brûler de calories que ce que j’en consommais. Parfait pour ma pote la balance.

Un peu après, le Chéri a dû se faire hospitaliser. Je me retrouvais donc seule à gérer la maison, les gremlins, leurs devoirs, mon travail, mon blog, le sport et mon auto entreprise de l’époque. Je courrais tout le temps, préparant les repas des enfants pour qu’ils puissent manger avec lui à l’hosto, mais aussi ceux de l’Homme qui n’aimait pas ce qu’on lui servait là bas, ainsi que quelques douceurs pour son collègue de chambre.

Nous devions prendre un bus et un tram, pour faire nos allez – retours entre l’hôpital et la maison, ce qui nous faisait rentrer tout juste pour que les nains puissent se doucher et foncer se coucher. Ne me restait plus qu’à faire la vaisselle et sauter à mon tour dans la baignoire.

Ana en a donc profité pour me faire oublier ma faim…

J’étais bien trop fatiguée pour me mettre en cuisine pour moi même…. Je terminais tout ce que j’avais à faire vers 1 ou 2h du matin, ce qui me poussait à n’avaler que quelques bouchées de pas grand chose, pour finir par me mettre au lit. Il m’arrivait même de ne rien manger du tout, préférant refaire une séance de sport plutôt que de perdre mon temps à m’alimenter.

La peste avait bien fait les choses. Elle avait déposé ses valises et commencé à virer mes affaires de ma tête pour les remplacer par les siennes.

Moi, je ne m’en rendais pas compte….

Je ne dormais plus que 4 à 5h, j’absorbais le minimum vital, je bougeais bien trop, mais je me sentais bien. Trop bien. Si forte de réussir à tout contrôler de la sorte… De pouvoir contrôler mon corps, en zappant les cris de mon estomac et en poussant de plus en plus mes limites, au point que la balance s’emballait… Les chiffres diminuaient si vite… Et moi j’étais si fière….

Merci Ana…. Merci petit démon….

Grâce à elle, je ne suis plus normale…. Je ne vis plus…. Je survis….

Elle m’a plongée dans le sombre monde d’Hadès et j’ai beau lutté de toutes mes forces, je n’arrive pas à m’en échapper.

Parfois je pense avoir pris le dessus. Avoir réussi à reprendre les rênes de mon existence. Mais ce n’est qu’illusion… Elle revient de plus belle me gâcher la vie, m’imposant ses raisonnements sans queue ni tête… Me torturant un peu plus chaque fois….

Le plus dur dans tout ça, c’est de se sentir seule…. Seule dans ce combat que je dois mener jour après jour, heure après heure, minute après minute…. Car personne ne peut comprendre ce que je subis…. J’ai beau tenter de l’expliquer, les gens ne peuvent pas comprendre….

Comment le pourraient-ils?

Moi même je sais parfaitement que mes actes sont absurdes… Que tout cela n’est pas normal…. Que j’ai un problème….

Je n’arrive pas à manger << correctement >> si mon entourage ne mange pas en même temps que moi…. Si je dois manger seule, je ne vais avaler qu’une pomme ou un yaourt…. J’ai une peur panique face aux féculents et légumineuses, à tel point que je peux en avoir la nausée…. J’angoisse si je ne mange pas à heures à peut près fixes…. Et si j’ai dépassé ces horaires, je vais m’empêcher d’avaler quoique ce soit hormis du thé, même si j’ai faim… Je ne consomme presque plus de produits du commerce. Je fais tout moi même…. Je galère du coup à trouver ce que je pourrais manger dans un restaurant ou chez des amis…. Et j’en passe….

Tous ces TCA me collent à la peau et ne me quitteront surement plus jamais…. Même si je parviens un jour à virer Ana, je sais qu’elle me laissera en cadeaux des séquelles….

Mais je me bats tout même contre elle. Je lutte. Je vais de mini victoire en mini victoire. Chaque micro pas en avant est important.

D’ailleurs, depuis plus d’un mois, j’ai réussi à abandonner ma montre connectée et à largement diminuer mon activité physique. Terminé mon obsession des kilomètres parcourus dans une journée. Ne plus me forcer à réaliser tel nombre de pas par jour est un immense soulagement. J’ai plus de temps pour moi et je dors plus puisque je ne me lève plus des heures avant la tribu pour m’activer pendant qu’ils pioncent encore. Le revert de la médaille, c’est que désormais mes jambes me portent à peine. Elles sont sans cesse douloureuses et j’ai bien du mal à marcher. Mais je fais avec…. Ou plutôt sans….

Ca reviendra à la normale un jour…. J’espère….

En attendant, je me bats contre Ana… Ma coloc…. Ma peste…. Mon démon…. Ma maladie…. L’anorexie….